Jo rebecca deborah bill tom georg gustav Quentin mélinda Barbara
Je me demande encore ce que je fais là, sur le lieu de mon plus grand échec.
J'avance Rapidement dans cet aéroport que je déteste tant, je vois encore si facilement ton visage derrière cette vitre que j'évite. Je tourne la tête pour ne pas la regarder, car tout ça est du passé.
J'avance avec Quentin à mes côtés, comme il l'a toujours été.
J'évite chaque endroit de cet aéroport qui pourrait me faire penser à toi, à cette journée que je n'ai pas vécue comme je l'aurai voulue.
Je sors dehors, apaiser d'avoir franchit ce hall rempli d'innombrables souvenirs.
Je monte dans un taxi, qui va m'emmener loin d'ici, par la fenêtre je vois le paysage s'éloigner, je le regarde au loin, comme si cette histoire était elle aussi, très loin.
Les souvenirs ne me hantent plus, je leur interdit d'entrer en moi, comme si ils en avaient le droit.
Mais j'y pense toujours, à ce bonheur passé, incroyablement éphémère, qui pourtant, est resté gravé.
Je suis là parce que je regrette d'avoir si facilement abandonner mon rêve pour pouvoir te fuir.
Je rêvais je conquérir l'Allemagne et je ne l'ai pas fait pleinement. J'ai remporté ce titre de Première Danseuse d'Allemagne, mais je ne l'ai pas assumé comme je l'aurai du.
Aujourd'hui je suis là, pour rattraper tout ça, car ce n'est pas toi, qui a le droit de me faire abandonner mes rêves.
Aujourd'hui je reviens, pour avoir le mérite de ce titre, et qu'on ne dise pas, que je n'assume pas mes choix.
Il y a trois mois je suis partie, Laissant à ce pays, les regrets de m'avoir élue. Je suis partie sans leur dire merci, sans être à la hauteur de ce qu'ils m'avaient offert.
Maintenant que je suis là, je serai leur Première Danseuse comme il se doit, et ils seront fiers de moi.
Le taxi s'arrête, je descends suivie de Quentin, pour me retrouver devant cet hôtel Berlinois.
Nous entrons main dans la main, sa manière de me donner ce courage que je n'ai pas.
Les clefs de nos chambres en main, nous montons alors.
J'ouvre ma porte et toi la tienne, tu me souris et me dit bonne nuit, je te regarde dans les yeux, te disant encore une fois merci d'être là, pour moi.
Ce matin je fus levée très tôt, mon sommeil étant gêné par le mal être que m'apporte cette ville.
Je ne veux pas l'admettre, mais au fond je sais que ce n'est pas facile pour moi d'être ici.
Je regarde par la fenêtre la pluie tomber à grande goutte, ce temps grisâtre qui me rappelle mon premier jour à Berlin. Je me revois alors dans cet appartement que j'aimais tant, sans pour autant m'y sentir à ma place.
J'aimerai y retourner, rien que pour voir si tout a changé, rien que pour pouvoir m'assoir une dernière fois au bord de la fenêtre du salon, regarder l'horizon tout en méditant. Il m'est impossible de remettre les pieds là-bas, j'ai décidé de faire une croix sur tout ça, y aller reviendrait à m'abattre une nouvelle fois. Je ne peux pas faire ça.
Pour que l'envie ne me face pas perdre la raison, j'ai choisie l'hôtel le plus éloigné de cet immeuble aux couleurs pâles où j'ai habité pendant un an. Cet immeuble où l'essentiel de ma vie c'est déroulé.
Je regarde les voitures rouler à vive allure, elles accélèrent, freinent, parfois elles doublent.
Dans un élan de nostalgie je les compare alors à ma vie, car après tout, c'est ressemblant, parfois la vie accélère et nous ne voyons pas le temps passé, regrettant parfois que certaine chose soit déjà terminée. Mais parfois elle freine, et les jours nous paraissent être une éternité, et nous ne voulons qu'une seule chose, que le temps passe plus vite.
Je suis ici seulement pour un mois, sachant malgré tout qu'il me paraitra beaucoup plus long.
Pourtant un mois, ce n'est que trente misérable jours, ça ne représente qu'une infime partie de la vie, mais c'est ainsi. Pour moi il me paraitra interminable. Je le sais déjà.
Je continuais d'admirer ce qu'il se passait dehors lorsque Quentin fut irruption dans ma chambre, un plateau à la main.
- Je n'ai pas très bien dormie à vrai dire. Mais on peut quand même prendre le petit déjeuner au lit. Hein.
- Gourmande va. »
Je m'assois sur le lit où elle vient de se jeter, j'y dépose le plateau puis m'installe à ses côtés.
Elle semble perdue dans ses pensées, loin, très loin. Je la regarde tendrement. Elle me sourit faiblement, telle une petite âme perdue.
Elle boit son jus d'orange regardant toujours ce qu'il se passe dehors, accoudée à cette fenêtre.
Je me demande encore pourquoi a-t-elle tant voulue revenir ici. Durant ces trois mois Rebecca a su prendre de l'avant, redevenir forte et presque intouchable. Mais au fond, je ne sais pas si c'est vraiment le cas, je me demande si ça ne serait pas plutôt l'image qu'elle souhaite donner. Je crois qu'au fond elle est restée fragile, plus qu'elle ne le pense elle-même.
En revenant ici elle veut se prouver à elle-même qu'elle est aussi forte qu'elle le voudrait, qu'elle peut affronter tout ça comme si il ne c'était jamais rien passer. Mais j'ai peur pour elle, peur que tout ça se termine mal, peur qu'un jour elle retombe sur lui et qu'elle rechute. Encore et encore.
- Pourquoi cette question, Quentin ?
- Parce que tu n'as pas l'air bien, Rebecca.
- Je vais très bien.
- S'il te plait Rebecca, ne joue pas à ça avec moi. Ca ne marche pas
- Quentin ! Je vais bien.
- Rebecca écoutes, j'ai peur pour toi.
- Il n'y a pas de raison.
- Si, tu sais très bien que si.
- Je me fou de lui Quentin, c'est du passé, je n'en ai rien à faire. Ca ne me fait plus rien maintenant. Si je suis amenée à le croiser, ça ne me fera ni chaud ni froid.
- Tu sais que ce n'est pas vrai Rebecca, tu te mens à toi-même en disant ça.
- Je suis assez forte pour rester un mois ici Quentin.
- Je ne crois pas.
- Crois ce que tu veux. »
Je la regarde inquiet, car au fond, je sais qu'elle n'est pas aussi forte qu'elle le prétend.
Elle, me regarde sur d'elle-même, j'avoue qu'a cet instant elle parait intouchable, pourtant au fond de moi je sais que ce n'est pas le cas, l'illusion est alors parfaite.
- Méfis toi Rebecca.
- Je ferai attention, promis.
- J'aimerai tant rester avec toi.
- Tu as ton travail Quentin ! Et puis je peux me débrouiller seule tu sais.
- J'ai peur Rebecca, vraiment.
- Tu te souviens ce que tu m'avais dis lorsque nous avions douze ans ? Ce jour où je n'en pouvais plus, ce jour où je voulais tout arrêter. J'y crois encore Quentin.
- Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves.
- Exactement. Je n'ai pas le droit d'abandonner mes rêves à cause de lui, Quentin.
- Mais tu as réussis ! Tu as été nommée Première Danseuse d'Allemagne, alors à quoi bon revenir ici maintenant ?
- Tu crois vraiment que s'enfuir une heure après le résultat, ne pas avoir dansé une seule fois ici depuis, n'avoir donné aucunes explications à cela, est digne de ce titre qu'on m'a attribué ?
- Tu as peut être raison Rebecca. Tes parents seraient fiers de toi s'ils te voyaient respecter tes principes au point de revenir là où tu as tant souffert. Mais un mois Rebecca ! Juste un mois !
- Oui, un mois.
- Promets-moi d'être forte.
- Je le serai, promis. »
Je l'a prend dans mes bras, la serrant contre moi, comme si j'avais une nouvelle fois peur de la perdre. Je la regarde dans les yeux, et lis en elle l'envie d'accomplir ce pourquoi elle était venue ici Il y a maintenant plus d'un an. Elle veut terminer les choses comme il se doit, et assumer ce titre qu'elle a tant désiré. Rien que pour ça, je l'admire. Mais sa fragilité du moment me fait peur, elle se croit redevenue celle qu'elle était auparavant, mais ces blessures qui l'ont achevé sont toujours là, et ça, elle le sait mais ne veut pas l'admettre. Au fond, elle refuse d'être faible.
Comme chaque matin, lorsque le jour n'est pas encore levé, lorsque tout le monde dort, je sors de l'appartement discrètement.
Une fois dehors, je marche tranquillement le long des rues sombres, et très calmes à cette heure ci.
Il est exactement six heures du matin, l'heure où la ville se réveille petite à petit.
Comme chaque matin je me dirige vers le cimetière, celui ou repose Zofia, celui où je vais chaque matin depuis maintenant trois ans. J'avoue n'avoir jamais tourné la page, n'avoir jamais réussis à oublier ce qu'il c'est passé ce soir là. Alors je n'ai pas d'autre choix que de comprendre Bill, et de ne pas l'empêcher de continuer à penser à elle. Car au fond, moi aussi j'aimerai avoir l'opportunité de récupérer Zofia.
Après avoir passé plus de deux heures à lui parler, ou plutôt à parler tout seul, je me lève délicatement, les larmes aux yeux, le c½ur serré, comme chaque matin.
Je marche pour rentrer jusqu'à chez moi, la tête basse et le c½ur remplit de tristesse.
Je marche lentement, repensant à chaque instant passé avec Zofia. Mon amour pour elle était si fort que jamais je n'aurai cru la perdre un jour, surtout de cette façon là.
Je suis bien beau moi, de faire la morale à Bill parce qu'il ne cesse de penser à Rebecca, parce qu'il refuse de l'oublier et de ne plus penser à elle, alors que au fond je fais exactement pareil.
Ca fait mal, mal de ce dire qu'on a perdu la personne que l'on aime plus que tout, mal de voir notre vie s'écrouler devant nous comme si il n'y avait rien eu avant elle, et comme si on savait d'avance qu'il n'y aura rien après.
Je marche perdu dans mes pensées jusqu'à arriver au pied de mon immeuble, je pousse la porte du hall et tombe face à face avec un homme qui distribue les journaux quotidiens. Il m'en propose un que je saisis avant de commencer à monter les marches qui mènent à chez moi.
J'ouvre la porte doucement, l'appartement est toujours plongé dans le noir.
J'allume la lumière de la cuisine, dépose le journal ainsi que mes clefs sur la table et me dirige vers le réfrigérateur, je me sers un verre de jus de fruit pour ensuite aller m'assoir sur le canapé, regardant la télé. Je zappe jusqu'à comprendre qu'a cette heure, il n'y pas grand-chose d'intéressent au programme. Je me lève et prends le journal déposé auparavant sur la table, puis retourne m'installé sur le canapé. Je le retourne alors et le gros titre me frappa en plein c½ur. Mes yeux s'agrandissent et j'ai comme l'impression que durant une poignée de seconde, mon c½ur s'était arrêté. Je le relis encore et encore, comme pour être sûr que je ne suis pas victime d'hallucinations. Mais non.
Je regarde la photo et me rend compte que je ne rêve pas. Je relis tout de même le gros titre afin d'être sur qu'il n'y a pas erreur sur la personne. Non, je ne reconnais que trop bien ce visage si familier.
Un taxi me dépose au centre de Berlin, devant un studio de télé très connu.
J'entre et fais savoir ma présence à la réceptionniste, qui me dit d'attendre que l'on vienne me chercher. Je vais donc patienter dans la salle d'attente.
Une pile de magazine people est déposée au centre de la pièce, sur une petite table.
Je n'y touche pas, par peur de tomber sur lui. Même en France il est très difficile de ne pas tomber sur son visage. Je ne lis plus de magazine, et je ne regarde presque plus la télé, et encore moins les chaîne de clip, par peur de voir son visage que j'ai tant aimé, mais qui m'a tant fait souffrir.
Je patiente tout en essayant tant bien que mal de chasser tout ces souvenirs qui tentent à chaque instant de prendre possession de moi, maintenant trois mois que je lutte contre eux. Je lutte pour qu'ils ne m'achèvent pas, je lutte pour ne pas souffrir, et pour tenter d'oublier, ou tout du moins pour ne plus y penser. Je lutte contre la dure réalité de mes propres sentiments.
Une femme prononçant mon nom me fit revenir à la réalité, je la suivie jusqu'aux loges réservées aux invités de l'émission. Une maquilleuse me tartine sur le visage tout ce qui est nécessaire pour bien passer à la camera. Je fus ensuite conduis au plateau, là où on m'explique les questions qui vont m'être posés.
Le présentateur annonce alors mon nom et je me dirige vers lui, à ma plus grande surprise, un toner d'applaudissement se fit entendre. Je me demande alors comment ces gens peuvent encore m'apprécier après ce départ improvisé. Je les remercie alors d'un sourire splendide et m'assois aux côtés du présentateur.
J'appréhende toutes ces questions, tout comme les réponses qui vont sortir de ma bouche.
J'appréhende ce retour au sommet de la presse people. Oui Rebecca est de retour, prête à tout pour accomplir ce pourquoi elle était venue dans ce pays l'an passé. Rebecca est de retour plus forte que jamais, prête à tout affronter. Ce petit discours prononcé à demi mot pour me convaincre moi-même sonne si faux qu'il me tiraille l'esprit. Je ne sais pas ce que je vais dire à ce présentateur, je ne sais pas non plus ce qui m'attend les jours avenir. Je sais juste que ça ne sera pas facile. Je réalise alors que je suis bien là, à Berlin, annonçant mon grand retour sur la chaine la plus connue d'Allemagne. Je réalise qu'ils ne vont pas tarder à découvrir que je suis revenue. J'imagine leurs visages, leurs réactions. J'imagine les questions qu'ils vont tous se poser. Tout ça me fait peur, tellement peur.
J'ouvre les yeux, réveillé par le son trop fort d'une télé allumée. Je regarde le réveil qui celui-ci affiche Dix heure du matin. Il est bien trop tôt pour se lever. Je me retourne et tente de me rendormir, envain. C'est quoi ce bordel ? Tom est devenu sourd ma parole !
Je me lève brusquement pour me diriger vers le salon. Une fois dans le couloir j'aperçois Tom très concentré sur l'écran de la télévision. Je m'approche du canapé, Tom tourne la tête en ma direction, ses yeux s'écarquillent alors, il saute sur la télécommande et éteint la télé en à peine dix secondes.
- Rien ! Rien du tout !
- Pourquoi tu as éteint la télé alors ?
- Il n'y avait rien d'intéressant !
- Pourtant, tu avais l'air très concentré dessus quand je suis arrivée ! Tu regardais quoi ?
- Rien, je zappais sur tout et n'importe quoi.
- Pourquoi tu avais mit la télé si forte ?
- Désolé, je ne m'en suis pas rendu compte !
- Quand je dis que ce programme avait l'air de t'intéresser !
- Mais n'importe quoi !
- En tous cas, merci de m'avoir réveillé. »
J e me dirige vers la cuisine et me sers un verre de lait. Je sors sur le balcon et regarde l'horizon, comme chaque matin depuis maintenant trois mois. Je respire l'air pur, comme pour vider mon esprit de toutes ces pensées qui me hantent chaque nuit.
Je bois mon lait tout en fermant les yeux, me ressourçant tranquilement, mes cheveux volant au rythme du vent. L'espace d'un instant, je me sens bien. Apaisé par ce petit vent frais.
Une fois mon verre terminé je retourne dans l'appartement, je regarde Tom assis sur le canapé, les bras croisés, perdu dans ses pensées. Il est bizarre ce matin. Je le regarde interloqué, lui ne s'en aperçoit même pas. Devant lui se trouve le journal Quotidien, je me dirige vers lui afin d'en lire son contenu. Je m'apprêtais à le prendre lorsque Tom sursauta et s'en empara avant moi, le cachant derrière son dos. Je fronce alors les sourcils, cherchant la cause de son comportement.
- Euh... Non.
- Et pourquoi ça ?
- Parce qu'il n'y a rien d'intéressent, tu ne vas pas perdre ton temps !
- Ce matin, il n'y a rien d'intéressant nulle part di donc. C'est bizarre quand même ! Tom ! Tu n'aurais pas quelque chose à me dire ?
- Moi ?! Non ! Que veux tu que j'ai à te dire ?
- Ne me prends pas pour un con, tu es bizarre ce matin !
- Pas du tout !
- Bon et bien donne moi ce journal alors, j'aimerai le lire.
- Non !
- Tom ! Tu te fou de moi là ou quoi ?
- Mais pas du tout, c'est que...
- C'est que quoi ?
- Je... enfin elle... enfin...
- Tom !
- Il faut que tu saches que...
- Quoi Tom ? Il faut que je sache quoi ? Qu'es ce que tu peux m'énerver quand tu fais ça Tom ! Ce n'est pas la mort de me dire ce qu'il se passe !
- Si justement !
- Tom, arrêtes tes conneries et dis moi ce qu'il y a.
- Bon... Il faut que tu saches que ...
- Tom !!!!!!
- Rebecca est revenue... »
Je mis un certain temps à assimiler sa dernière phrase, je ne réagis pas tout de suite, je ne comprends pas ce qu'il dit, je ne comprends rien, je cherche au fond de moi ce qu'il entend par là. Mais je ne trouve rien, je ne comprends pas.
Il me donne le journal qu'il tenait fermement dans ses mains. Je lis alors ce qu'il y a d'écrit en énorme sur la première page accompagné d'une photo. « Rebecca Miller, de retour à Berlin »
C'est une blague ? Je ne comprends pas, je ne comprends plus, je ne comprends rien.
Pourquoi est-elle revenue, que fait-elle ici ? Je suis perdu.
Toutes sortes de pensées fusent en moi, sans que je ne puisse métriser quoi que se soit.
Je regarde la photo de l'article, main dans la main avec Quentin dans cet aéroport qui me rappelle tant de souvenirs, des souvenirs qui font mal. Tout se mélange alors en moi, je suis déstabilisé, bouleversé. Je regarde Tom interloqué, cherchant dans ses yeux la réponse à mes questions.
- Je... Je ne comprends pas.
- Moi non plus. Mais elle est là Bill ! Elle est revenue ! Rebecca est là ! C'est belle et bien la réalité.
- Une dure réalité.
- Je sais Bill, s'il te plait ne fais pas d'erreur.
- Non, j'en ai assez faite. Beaucoup trop même. »
Je lâche le journal et recule lentement jusqu'à être collé au mur, je baisse la tête en enfouis mon visage entre mes mains. Le passé me rattrape petit à petit. Les souvenirs reprennent possession de moi. Son visage entre dans mon esprit et n'en sors plus. Durant ces trois mois je n'ai cessé de penser à elle. Je n'allais pas bien, je souffrais à chaque seconde de ma misérable existence. Je n'écrivais plus rien pour le groupe, je ne faisais plus rien, je ne sortais presque plus. Elle m'a Anéantit, rien que pour ça je devrai la Haïr jusqu'au plus profond de mon être, mais je n'y arrive pas. Savoir qu'elle est là, pas très loin de moi, me crispe le c½ur. Je me demande pourquoi, pourquoi est-elle revenue, pourquoi maintenant, je ne comprends pas. Le message que je lui avais envoyé il y a trois mois refait alors surface, tout comme sa réponse. « Ce jour là Bill, je l'attends ». Je n'ai jamais compris ce message, était-il ironique ? Sincère ? Remplit de sous-entendus ? Je n'ai jamais su. Je n'ai jamais compris.
Je me souviens alors de ce jour de Juin, celui où j'étais effondré devant ton avion s'envolant dans les airs. Je me souviens de tes mots ce jour là, si blessant. Je me souviens de ton collier que tu m'as rendu, comme un vulgaire objet sans importance. Je me souviens de tes « Adieu », de chacun de tes mots prononcé ce jour là. Je me souviens de tes larmes que tu retenais, je me souviens des miennes que je laissais aller. Je me souviens de ma douleur ce jour là, cette sensation qu'on m'arrachait le c½ur. Cette sensation de tout perdre.
J'avais mal, comme jamais je n'avais eu mal. Pourtant tu m'as tout de même laissé ainsi derrière toi. J'aurai déjà du t'oublier, te détester, te mépriser. Mais je n'y suis pas arriver.
Durant ces trois mois j'ai sombré, comme jamais quelqu'un n'a sombré. Je suis tombé dans une dépression si importante que je suis à présent sous médicaments. Chaque nuit j'ai rêvé de te voir revenir. Aujourd'hui tu es revenus, mais je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas ce que tu veux, ni ce que tu cherches. Je ne sais plus rien de toi.
Tu m'as surement déjà oublié, tu es certainement avec quelqu'un d'autre, peut-être Quentin, ou peut-être quelqu'un d'autre. J'avais surement tout faux, si un jour nous devrions nous recroiser, tu ne regretterais peut-être rien. Tu me regarderais peut-être avec haine.
Je ne veux pas m'imaginer tout ça, je ne veux pas savoir. Je préfère rester dans le doute, avec cette espérance que je te manque tout de même un peu.
Je revois si facilement ton visage auprès de moi, ces soirs où tu me demandais de te chanter Rette mich. Je te revois allonger à mes côtés, ce sourire aux lèvres, ce visage d'ange que j'ai tant aimé. Je chute, encore et encore, à n'en plus finir. Et j'essaye de m'accrocher à nos souvenirs, pour ne pas laisser le temps me démolir.
Je le regarde anéantit, ne sachant quoi dire. Je le regarde avec tristesse, je me revois alors il y a quelques années, le soir où on m'a apprit que Zofia ne reviendrait pas. Je n'y croyais pas, pour moi il était impossible quelle ne soit plus là. Bill va mal, très mal, et ce depuis trois mois, même si avant non plus, il n'était pas très bien. Au fond, je me dis qu'il ne devrait pas réagir ainsi, mais plutôt aller de l'avant. Mais je sais que ce n'est pas facile, moi-même je n'y suis jamais arrivé. J'aimerai tant l'aider, et non être le spectateur de son malheur. Seulement, j'ai compris que je ne pourrai rien faire, ni moi, ni notre famille, ni nos amis. Il n'y a qu'elle. Durant ces trois mois je me suis dis qu'avec le temps, ça irait mieux. Au fond, ça ne s'arrange pas, bien au contraire. Aujourd'hui elle est revenue et je ne comprends pas pourquoi. Je me demande comment elle va, comment elle a vécue ces trois mois. Je me demande si elle nous a oublié, rayé de sa vie. Je me souviens alors de cette lettre que j'avais glissé dans un de ces cartons, j'y avais écris tout ce que je ressentais, au fond, je me demande ce qu'elle en a pensé. Je ne sais pas ce qu'elle est devenue, ce qu'elle fait en ce moment, je ne sais rien. Elle a changé de numéro, et n'a plus jamais donné signe de vie. Au fond ça m'a blessé, même si j'avais deviné qu'elle réagirait ainsi. Rebecca est pour moi la personne a qui je dois tout ce que je suis à présent. Jamais je n'oublierai ce qu'elle à fait pour moi. J'aurai aimé l'avoir à mes côtés chaque jour, pouvoir sans cesse bénéficier de ses conseils si précieux. Aujourd'hui elle est revenue et j'ai tant de chose à lui raconter, tant de questions à lui poser. Je ne peux pas laisser passer cette chance qui s'offre à moi.
- Tu rigoles là ?
- Non, Bill, j'ai besoin de lui parler...
- Et moi ? Tu crois que je n'ai pas besoin de lui parler ? Tu crois peut être que je n'ai rien à lui dire ?!
- C'est différent Bill, tu sais que pour toi ce n'est pas une bonne idée.
- N'y vas pas.
- Bill, il y a certaine chose que j'ai besoin de savoir, je suis désolée mais je vais y aller.
- Alors laisse-moi venir avec toi.
- Non Bill. Tu as vu dans quel état tu es ? »
Il baisse la tête et les larmes coulent, il ne peut s'en empêcher. Je le regarde tendrement, je saisis sa main et il me regarde à présent dans les yeux. J'essaye de lire en lui, mais je ne vois presque rien, juste un néant accablant. Chaque fois qu'il me fixe ainsi, j'ai mal, mal de le voir si anéantit. J'aimerai tant qu'il tourne la page.
- Il ne vaut mieux pas, Bill.
- S'il te plaît Tom ! J'ai besoin de savoir, savoir comment elle a vécue tout ça, savoir pourquoi elle est revenue ! Je t'en prie Tom.
- Très bien, mais si tu me promets de ne pas chercher à la revoir.
- Je...Je te le promets... »
Ses yeux se remplirent à nouveaux de cette tristesse qui le hante depuis maintenant trois longs mois. Je lui souris gentiment puis enfile ma veste avant d'ouvrir la porte. Je me retourne une dernière fois, il ne me regarde pas. La tête basse, Il pense. Il pense à elle, il pense à moi qui va pouvoir la revoir, il pense à lui, à eux, au passé. Je ferme la porte pour ensuite sortir de l'immeuble, avec comme guise de pensée, le visage anéantit de mon propre frère, lui que j'aimerai tant aider. Je me sens si impuissant. Je me remémore alors l'adresse de l'hôtel où elle se trouve, je l'ai vu ce matin sur le journal quotidien. Il est assez loin d'ici, ce qui n'est surement pas un hasard.
Je me gare devant cet hôtel berlinois, classe, réputé pour ses chambres magnifiques.
Je me dirige vers l'accueil, demandant à la réceptionniste le numéro de la chambre de Rebecca. Elle m'indique le numéro quatre cent quatre vingt trois. Encore un hasard.
Je me faufile dans l'ascenseur et patiente jusqu'à l'ouverture des portes au quatrième étage.
Une fois dans le couloir, le doute s'empare de moi. Et si elle n'était pas contente de me voir ? Et si elle ne désirait pas me parler ?
Dans un élan de courage j'avance, cherchant le bon numéro.
Plus je m'en approche, plus je ralentis, la peur est toujours là. Je me retrouve une minute plus tard devant ce numéro qui me fait sourire. Je ne crois pas au hasard.
J'inspire profondément et frappe délicatement. Au bout de plusieurs secondes, aucune réponse. Je frappe un peu plus fort, toujours rien. Elle n'est visiblement pas là. Je ne suis pas venue ici pour rien, je veux à tous prix lui parler. J'attendrai ici, le temps qu'il faudra.
Je regarde ton avion décollé, et je comprends alors que les prochaines semaines seront très dures, surtout si tu n'es pas là pour m'épauler. Je réalise alors à quel point j'ai besoin de toi, Quentin. Je te regarde t'éloigner peu à peu, et à chaque nouvelle seconde, je me sens de plus en plus seule. Le pire à cet instant, déjà difficile, c'est que je me retrouve encore une fois ici, dans cet Aéroport remplit de souvenirs bien trop dur à porter. Je suis là, derrière cette vitre où tu étais il y a trois mois. Le temps me rattrape et me replonge en ce jour du mois de juin, je te revois ici, effondrer par ces paroles que je venais de te dire, si blessante. Je me souviens assise sur mon siège à te regarder au loin, déjà étourdie pas les larmes. Aujourd'hui, j'ai l'impression de revoir l'empreinte de tes mains sur cette vitre des adieux. Depuis, je ne t'ai jamais revu, c'est précisément la dernière image que j'ai de toi, une image qui fait mal, si mal. Parfois, je regrette de t'avoir dis toutes ces horribles paroles, je regrette d'avoir été si blessante. Mais si je ne t'avais pas dis tout ça, tu ne m'aurais pas laissé partir, il le fallait.
Je me revois dans tes bras, toutes ces nuits où je venais dormir avec toi. Je t'entends encore me fredonner Rette mich au creux de l'oreille pour m'endormir. Je me rends compte à quel point tout ça était devenu une habitude si importante pour moi. Pourtant, du jour au lendemain il n'y a plus rien eu. Je ne te parlais plus. Je me revois encore passer devant toi chaque matin dans le hall de notre immeuble, on se frôlait presque, je ne te regardais pas, je ne te parlais pas, rien. Seulement du mépris. Je me souviens à quel point j'étais mal. Alors finalement, être partie n'est pas plus mal, je ne pouvais plus supporter tout ça. Je ne regrette pas d'être partie, même si ta présence me manque terriblement, même si j'ai souvent penser à ton parfum enivrant, espérant pouvoir le sentir juste une dernière fois. Je regrette juste que ça n'est pas marché entre nous, je regrette cette succession de malheur qui a contribué à mon départ. Je te regrette toi. Je me demande comment tu as vécu tout ça. M'aurais-tu oublié ? Aurais-tu tourné la page ? Au fond, je ne préfère pas savoir.
Je quitte cet Aéroport les larmes aux yeux, me rendant compte qu'à présent je suis seule face à mes propres responsabilités. Quentin n'est plus là pour m'aider, et ici, je n'ai plus personne. Je me rappelle alors tous ces moments passés avec Tom. Lorsque je n'allais pas bien il était toujours là pour m'aider à remonter la pente. Je me souviens de sa lettre, si touchante. Je me souviens de son visage la première fois qu'il a vu Shanna, sa fille. Je me souviens de son plus beau sourire en guise de Merci. Tu étais la seule personne à qui je pouvais réellement me confier, Tom. Quentin n'était plus là, Melinda non plus. Avec Bill, c'était compliqué. Au fond il n'y a qu'avec toi que j'avais une relation stable. C'était mon équilibre. Je me demande alors ce que tu es devenu, je me demande comment va Shanna. J'espère que tout va bien pour toi, et j'espère aussi, que tu ne m'as pas oublié Tom, non, pas toi.
Regardant l'horizon par la fenêtre du taxi, tous ces souvenirs s'emparent de moi peu à peu. Je me demande comment tout le monde va. Georg, mon Georg. Je regrette tellement de t'avoir perdu. Toi, mon confident, lors de mes derniers mois à Berlin, c'est toi qui avait été le plus présent. Je me demande alors ce que vous tous penser de moi, certainement pas quelque chose de bien. Je suis partie comme ça, je vous ai tous abandonné, sans aucune nouvelles. Au fond je me suis abandonnée moi-même. Je regrette tout ça.
Le Taxi se gare devant mon Hôtel, je descends, essuyant au passage les larmes qui commençaient à glisser le long de mes joues. Je n'aurai peut être pas du revenir ici.
Pourtant il le fallait, je n'ai pas d'autre choix que d'honorer le titre que l'on m'a attribué.
Essayant de ne plus penser à tout ça, je prends ma respiration pendant que l'ascenseur me mène à mon étage. Ses portes s'ouvrent et je commence à parcourir le couloir, la tête basse.
Malgré mes efforts, je n'arrive pas à chasser tout ça de mon esprit, mais pourquoi ? Sachant que je ne suis plus qu'a quelques mètres de ma chambre, je redresse la tête. Mes jambes s'arrêtèrent de marcher en à peine une fraction de secondes. Les larmes retenues il y a quelque instant dans ce taxi remontèrent à la surface. Je te regarde, tu es seulement à quelques mètres de moi. Je te regarde, ne sachant que faire. Je ne bouge pas. Tu me souris et avance doucement en ma direction, ne me quittant pas des yeux. Je ne bouge toujours pas, comme déstabilisée par ta présence si familière. Tu es maintenant juste devant moi, je te regarde toujours droit dans les yeux, je ne te dis rien, comme si je venais de perdre toute utilité de ma voix. Tu prends ma main, tu me regarde toujours, avec ce sourire que j'aime tant. Tu reste encore ainsi quelques instants avant de me prendre dans tes bras et de me serrer très fort contre toi. Je pose délicatement ma tête sur ton épaule, et je ne peux retenir mes larmes en présence de ton odeur qui me rappelle tant de souvenirs.
- Toi aussi Tom, et certainement plus que ce que tu peux penser. »
Tu te recules pour pouvoir me regarder, de ton pouce tu essuies une larme qui venait de s'échapper. Tu me souris toujours autant, comme tu l'as toujours fais. Je me demande alors ce que tu fais ici. J'appréhende chacune de tes paroles. Tom, dis moi que tu ne me détestes pas. Je ne voulais pas vous revoir, A présent je sais pourquoi, Vous requitter une deuxième fois sera insupportable. Je ne voulais pas réentendre ta voix tom, elle est si sécurisante qu'elle m'enferme dans ton c½ur, il est si difficile d'en sortir. Tom, j'ai peur maintenant. J'ai peur de céder à cette envie de te reprendre dans mes bras, encore et encore. J'ai peur de céder à la tentation de tout te dire, de tout te confier, de m'abandonner à toi comme je l'ai si bien fais. Nous entrons dans ma chambre, je me retourne pour te faire face. Tes yeux noisette me font systématiquement penser aux siens. Pourquoi ! Pourquoi lui ressembles-tu autant ?. J'ai tant de mal à te regarder à présent. Il faut que je sois forte, il ne faut pas que tu vois toutes mes faiblesses Tom. Non, je ne veux pas. Je replonge alors mes yeux dans les tiens, avec cette force qui pourrait faire de moi quelqu'un d'intouchable. Pourtant, j'ai du mal à maintenir mon regard Tom, tu me fais bien trop penser à lui. Pourtant je reste ainsi à te regarder, Je veux que l'illusion soit parfaite, je veux te voir y croire, toi aussi.
- Très bien.
- Tu parais tellement peu sur de toi à cet instant Rebecca.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que je te connais. »
Je détourne le regard et m'assois sur le rebord de la fenêtre, comme je fais chaque fois que je dois réfléchir. Je regarde l'horizon, cherchant au fond de moi ce que je pourrai te dire. Je ne trouve rien, simplement parce que je n'ai rien à te dire Tom. Tu as raison, comme tu as toujours eu raison à mon sujet. Je baisse la tête, cherchant au fond de moi la force dont j'ai besoin pour t'affronter, toi et ton visage qui me replonge alors dans tous ces souvenirs que je veux oublier. Tu te places à nouveau devant moi, relève mon visage de ton index, tu replonges alors tes yeux dans les miens. C'est si dur Tom, tu ne comprends pas.
- Pour danser.
- Comment ça ?
- Tu oublis que je suis première Danseuse d'Allemagne. Je n'ai pas le choix, je dois l'assumer.
- Tu restes combien de temps ?
- Un mois. »
Cette fois c'est toi qui baisse la tête, tu me tournes le dos et regarde par la fenêtre, je me rappelle alors cette habitude commune. Tom, ne m'en veux pas, non pas toi. Je ne sais plus quoi te dire. Je ne veux pas tout te révéler, je ne veux pas que tu saches le calvaire que j'ai vécue durant ces trois mois. Pourtant, je meurs d'envie de me blottir dans tes bras et de tout te dire.
- Mieux vaut tard que jamais.
- Ecoutes Tom, tu ne te rends pas compte de ce que j'ai ressentis à mon départ, tu ne sais pas ce que j'ai vécue, tu ne sais rien. S'il te plaît ne m'en veut pas. Mais ta lettre Tom, si tu savais comme elle m'a touché, chaque mot est imprégné dans mon c½ur, je pourrai te la redire, là, tout de suite, sans oublier un seul mot. Tom... Je suis désolée. Tellement désolée.
- Pourquoi tu as fais ça Rebecca ? J'avais besoin de toi. »
Je te tourne le dos, essayant tant bien que mal de refouler toutes ces larmes qui montent en moi. Je respire lentement, cherchant les mots adaptés à cette situation. Je ne trouve rien, rien du tout. Je ne sais pas quoi te dire Tom. Je ne sais pas comment t'expliquer tout ça, je ne sais pas comment te dire ce que tu voudrais entendre. Aucun mot ne pourrait résumer la puissance de tout ce que j'ai ressentis Tom. Je m'en veux tellement de t'avoir laissé comme ça.
- Certainement. Tu n'imagines même pas tout ce qui c'est passé en ton absence.
- S'il te plaît Tom, ne me dis rien. Je ne veux pas entendre ce que je redoute plus que tout.
- Rebecca...
- Non Tom. Il faut que j'avance. Je suis là ! Je suis revenue ici ! Mais je me demande encore ce que je fou là.
- Si tu es là c'est qu'au fond de toi, tu voulais revenir ici, Rebecca.
- Ne crois pas ça.
- Si, je le crois. Peu importe ce que tu diras, car je sais que tu ne me diras rien de ce que tu penses, tu me diras seulement ce que tu veux que j'entende.
- Tu me connais si bien, Tom. Tu m'énerves. »
Mon rire se mêle au tiens, me rappelant au passage toute ces soirées passées ensemble.
Je m'approche de toi, de ma propre initiative je te prends dans mes bras. Je n'ai pu résister bien longtemps.
Tu me souris et j'ai comme l'impression qu'il y a un petit peu moins d'amertume dans ton regard, qu'il y a quelques minutes.
Je souris aussi, laissant paraitre la joie que j'ai de te revoir, même si ça fait mal. Je sais qu'au fond de moi, j'espérais te revoir.
Mais je t'en prie, ne me parle pas de lui, jamais. Il suffirait que tu prononces son prénom pour que je m'effondre devant toi. Comme si tu lisais vraiment en moi, tu ne le fais pas. Pourtant je sais que tu meurs d'envie de me poser mille et une questions. Je sais que tu aurais aimé savoir tout ce que j'ai fais pendant ces trois mois. Je ne peux rien te dire Tom, tout ça est bien trop dur à assumer. Je ne veux pas parler de tout ça, car au fond, je sais que je n'y arriverai pas. Je te regarde, me replongeant une nouvelle fois dans ce passé que je n'arrive pas à oublier. Tes yeux Tom, j'ai vraiment beaucoup de mal à les regarder. Tu as les mêmes, exactement les mêmes. Je remercie alors ta différence vestimentaire, aujourd'hui, elle me sauve d'une rechute interminable.
- Je sais...
- Mais non tu ne sais pas Rebecca, la preuve, tu nous a tous laissé, moi, Georg, Gustav, Deborah, Andréas.... Et Bill. »
J'espérais au fond de moi qu'il ne prononce pas ce prénom qui me fait si mal. Je te regarde anéantit, te faisant comprendre qu'en un seul mot tu venais de m'abattre. Je me retourne pour ne plus te regarder. Je ne veux plus ressentir tout ça, je ne veux plus souffrir comme ça.
- Mais arrêtes Tom ! Arrête! Pourquoi tu es venu ? Pour me jeter tout ça à la gueule, pour me faire culpabilisé, mais je ne voulais pas Tom ! Non, je ne voulais pas tomber amoureuse de Bill, je ne voulais pas partir, A la base je ne voulais même pas venir ici l'an passé. Mais tout ça c'est produit, contre ma volonté ! Je n'ai rien contrôlé ! Rien du tout ! Voila Tom ! Voila où ça nous a mené. Maintenant si tu es venu ici pour me dire ça Tom, juste ça. Vas-t'en ! Car tout ça Tom, je le sais déjà. Je sais le mal que je t'ai fais, à Bill aussi. Mais moi aussi je me suis fais du mal Tom ! Alors tu vois, c'est déjà tellement dur pour moi de revenir sur les lieux de mon plus grand échec, je n'ai pas besoin d'entendre tout ça. Je n'ai pas besoin que tu me rappelles tous ces souvenirs qui aujourd'hui font ce que je suis devenue. Je ne suis plus rien Tom ! Tu comprends ça ? Plus rien.... »
Submergée par les larmes, plus rien ne sort. Ma respiration est saccadée et je ne retiens plus mes larmes, je n'y arrive plus. Tu t'approches de moi et me prends dans tes bras. Je sais que tu ne voulais pas ça Tom. Mais il faut que tu comprennes que c'est déjà très dur pour moi. Vous avez souffert, je le sais. Mais moi aussi j'ai souffert, terriblement souffert.
Je regarde par la fenêtre du salon, attendant avec impatience ton retour.
Je me demande ce que tu lui as dis, ce qu'elle t'a dis, ce que vous vous êtes raconter.
J'aurai tellement aimé la revoir, moi aussi. Pourtant, je ne le ferai pas, Tom à raison, ça serait bien trop dur pour moi.
J'aimerai faire celui qui a tourné la page, aller la voir sans rancune, sans souvenirs, sans peine. Tout ça est impossible et je le sais très bien. Dés lors où mes yeux se plongeraient dans les siens, je serai déstabilisé, perdu, mal, terriblement mal. Pourtant j'en ai envie, Oh que oui j'en ai envie. Pouvoir sentir sa présence, pouvoir me plonger sans son regard bleuté que j'aime tant, serait pour moi atteindre l'inaccessible. Mais au fond, je sais qu'il ne faut pas faire ça. Je ne serai pas heureux de la voir, juste malheureux de constater qu'elle a très bien réussie sa vie sans moi. Maintenant j'en suis sûr, elle m'a définitivement oublié. Si ce n'était pas le cas elle n'aurait pas pu revenir ici, dans cette ville, sachant très bien qu'on viendrait surement à se croiser. Si elle n'avait pas tourné la page, elle n'aurait jamais remit les pieds ici, et au fond ça me fait mal de constater qu'elle a oublié, tout oublier.
J'étais perdu dans mes rêveries lorsque j'entendis la porte s'ouvrir, je me retourne précipitamment et constate que c'est bien toi, tom. Je m'avance près de toi te suppliant du regard de tout me raconter. Tu émets un soupir qui en dit long sur ton agacement et pars t'assoir dans le canapé. Je te suis et m'assois en face de toi.
- Pas le moins du monde.
- Elle était contente de te voir ?
- Contente, oui. Triste, aussi.
- Tu lui as dis quoi ?
- Ce que j'avais à lui dire, Bill.
- Tom ! Je veux savoir.
- En gros je lui ai dis qu'elle savait tout comme moi qu'elle n'aurait jamais du partir.
- Elle t'a répondu quoi ?
- Elle c'est énervée. Elle m'a dit qu'elle savait très bien tout ça et que c'était déjà très dur pour elle de revenir ici et que en gros elle n'avait pas besoin que j'en rajoute.
- Ah... Elle t'a dit pourquoi elle revenue ?
- Oui. Elle est revenue pour sa propre fierté Bill, elle est revenue pour danser. Pour au final nous prouver et se prouver à elle-même qu'elle est assez forte pour nous affronter. Même si c'est faux.
- Elle t'a dit ça ?!
- Non, mais c'est ça.
- Elle m'a oublié n'est ce pas ? Elle a tourné la page...
- Non Bill, je ne pense pas. Il m'a suffit de prononcer ton prénom pour qu'elle s'effondre. Elle n'a rien oublié du tout Bill, ni toi, ni nous, ni ce qu'elle a fait. Rien du tout.
- Tu crois que j'ai toujours une chance de la récupéré Tom ?
- Non. Rebecca ne changera pas d'avis, et ça, je viens seulement de le comprendre. Même au plus mal, même abattue, elle n'est pas revenue pour nous. Ca veut tout dire Bill. Jamais elle n'admettra, ou plutôt n'assumera le fait qu'elle a besoin de nous. Elle préfère vivre l'horreur et souffrir plutôt que de revenir vers nous, voilà à quel point est sa fierté, Bill. »
Je baisse les yeux, analysant chacun de tes mots. Je sais que tu as raison, mais je ne peux m'empêcher de garder ce petit brin d'espoir qui m'a aidé à tenir durant ces trois mois. Je ne peux pas voir cette réalité si dure à admettre, c'est impossible. Anéantis, je me lève et me dirige vers ma chambre. Au fond, je ne voulais pas entendre tout ça. Je ne veux pas en savoir plus, je préfère rester dans l'ignorance, pour une fois. Je m'allonge sur mon lit, ces souvenirs de nos nuits me bercent et me transporte dans un monde magique, un monde où tu es encore là, près de moi, un monde où tu m'aime encore. Je m'endors, avec pour unique penser, ton visage d'ange à mes côtés.
Mes yeux s'ouvrent un à un délicatement, je prends alors conscience que je ne me suis pas réveiller une seule fois cette nuit, chose devenue incroyable à présent. Je regarde l'heure affichée sur le réveil, il est seize heure de l'après midi. Je n'en reviens toujours pas. Bien dormir est devenu quelque chose de si peu habituel pour moi. Je me lève tranquillement, en arrivant dans le salon, je découvre Tom assis sur le canapé, les bras croisés, perdu dans ses pensées. Je passe devant lui pour aller à la cuisine me chercher un verre de laid, puis je reviens ensuite m'assoir à ses côtés.
- Je repense à hier. Je n'arrive pas très bien à cerner ce qu'elle ressent, j'aimerai tant qu'elle me dise tout ce qu'elle a sur le c½ur, au moins je serai fixé.
- C'est Rebecca. Elle est comme ça, si difficile à comprendre.
- Je sais, oui. Bref, dépêche-toi de te préparer, à 20h nous devons être à une soirée.
- Une soirée ?
- La soirée des célébrités d'Allemagne.
- Okai. »
J'entre dans cette grande salle remplit d'innombrables personnes, toutes connues aux yeux de l'Allemagne, et parfois même, d'autre pays. De grandes tables sont dressées un peu partout dans cette salle dont la superficie est égale à celle d'une salle de concert. Une ambiance de boîte de nuit règne ici, des lumières provenant seulement de quelques projecteurs, des pistes de danse, des bars, de l'alcool, beaucoup d'alcool. Je fais rapidement le tour de la salle du coin de l'½il, je connais presque tout le monde, personnellement ou parfois juste de vue. Les garçons et moi nous asseyons dans l'un des coins canapé présent ici. Il y a du monde qui danse, du monde qui boit, du monde qui parle, qui rigole. Au fond de moi ça me donne envie de m'amuser un peu, Ca fait si longtemps. Tom commande à boire et lorsque les boissons arrivent nous trinquons en cette soirée. Nous commençons à discuter de tout et de rien, me faisant penser un peu à autre chose qu'a mon quotidien qui est loin d'être Joyeux. En une seconde à peine tout le monde se retourna vers Georg qui venait de recracher sa bière.
Je détourne les yeux vers l'endroit que nous indiquait Georg, Ce fut alors comme si mon c½ur s'arrêtait de battre. Mes yeux ne bouge plus, il reste fixer vers cette silhouette que j'ai tant aimé. Je la regarde au loin, comme si je ne croyais pas vraiment en ce qui était entrain de se passer. Elle est là, moi aussi, nous sommes là, réunis dans cette même salle. Incroyable. Je prends alors conscience que ce que j'espérais le plus au monde il y a trois mois est enfin arrivé. Je vais pouvoir la regarder droit dans les yeux, rien qu'une seconde. J'aimerai que ce message ce réalise et qu'elle me dise tous ces mots que j'aimerai entendre. Je n'y crois toujours pas, elle est seulement à quelques mètres de nous, en compagnie de quelques personnes, hommes et femmes, surement des danseurs. Elle ne nous a pas vus. Je détourne enfin le regard, troublé par sa présence. Je regarde Tom, il me fait signe de venir avec lui, je me lève alors et le suis au travers cette salle, pour au final sortir dehors.
- C'est hors de question Tom, j'ai attendu ce jour pendant trois mois Tom ! Je t'avais promis de ne pas aller la voir, je n'y suis pas aller ! Le destin vient de nous réunir ici et je suis sûr qu'il y a une raison à tout ça.
- Bill, ce n'est vraiment pas une bonne idée.
- Je ne partirai pas, Tom. Quoi que tu dises quoi que tu fasses. »
Je retourne à l'intérieur, suivis de Tom. Je me dirige à nouveau vers l'endroit où nous sommes installés. Je remarque alors l'absence de Georg. Je tourne automatiquement le regard vers l'endroit où se trouvait Rebecca. Il est là, il l'a prend dans ses bras. A cet instant la jalousie me parcourt, j'aimerai tant pourvoir la prendre dans mes bras, moi aussi. Pourquoi lui. Pourquoi me fait-il ça, lui, mon ami. Je le regarde parler avec elle, je la regarde, le sourire aux lèvres, lorsque son regard se détournai vers nous. Durant une fraction de seconde à peine, mes yeux étaient plongés dans les siens. Je me suis senti si mal que j'ai détourné mon regard vers Tom. Je n'ai pas pu voir la réaction qu'elle a eu, et je n'ose plus tourner la tête vers elle, par peur de revivre ce que je viens de vivre. Un c½ur remplit de douleur, voilà ce que j'ai. Jusque là je ne me rendais pas compte, mais la voir me fait horriblement de mal, j'ai du mal à affronter ça, à rester ici en sa présence. Pourtant, j'aimerai entendre le son de sa voix, rien qu'une fois. J'ai besoin de ça, même si je sais qu'après, je serai tombé bien bas.
Les heures passent et tu restes là, sans bouger. Georg est revenu et tu le fusille du regard à chaque minute. Tu l'a regarde sans cesse, malgré la distance je sais que tu l'a détail pour retrouver ce que tu aimais tant chez elle. Elle c'est assise assez loin de nous, en compagnie de personne que je ne connais pas du tout. Elle boit, beaucoup. Comme si elle souhaitait penser à autre chose qu'a l'instant présent. Tout à l'heure lorsque Georg lui a dit que Bill était lui aussi présent à cette soirée, elle l'a tout de suite regardé, comme pour vérifier que c'était bel et bien possible. A cet instant j'ai vu dans son regard toute la tristesse qui pouvait s'y trouver. Et c'est alors que j'ai compris, Rebecca est toujours amoureuse de Bill. Ca, j'en suis maintenant persuadé. Reste à savoir pourquoi est-elle revenue ici. Peut-être pour essayer de se prouver qu'elle avait tourné la page. Au fond, elle se rend compte que c'est totalement l'inverse, tout ça l'a bouleversé. Alors elle boit, cinq verres, six verres, sept, huit, je ne compte plus, il y en a trop. Son rire se fit entendre d'ici, ce rire que Bill aime par-dessus tout. Il l'a regarde avec peine, faiblesse, regret. Il l'aime, plus que tout, plus que n'importe qui, n'importe quoi. Il aimerait tant avoir une chance de pouvoir la reprendre dans ses bras, de pourvoir l'aimer autant qu'il le souhaite. J'aimerai tant que ça se réalise, pour elle, pour lui, pour eux.
Je la regarde encore, elle n'arrête pas de boire, et je vois d'ici qu'elle n'est plus dans son état normal, plus beaucoup en tous cas. Je l'a vois serrer quelqu'un dans ses bras, je me rends compte quelques minutes plus tard qu'il s'agit de Jo. Comment peut-elle parler à ce mec. Je regarde Bill, il est de plus en plus désemparé. Je savais que ce n'était pas une bonne idée de rester ici. Jo entraine Rebecca sur la piste de danse. Elle ne nous regarde pas, au fond, je sais qu'elle va mal, très mal. Elle a bu pour essayer d'oublier, pourtant même avec trop d'alcool dans le sang je sais qu'elle n'est pas bien. Elle danse avec Jo comme si ils ne c'était rien passer entre eux, comme si ils ne s'étaient jamais disputer. Je ne comprends pas son comportement. Surement l'alcool. Ils se rapprochent et danse de plus en plus prés. Bill les regarde avec des yeux remplit d'une peine inimaginable. Il souffre. Elle continu de danser très prés de Jo, bien trop près. Ils se regardent dans les yeux, Rebecca lui sourit, lui se rapproche encore plus dangereusement d'elle. Il lui sourit aussi et pose ses lèvres sur les siennes. Bill se lève brutalement, j'aperçois quelques larmes glisser le long de sa joue avant qu'il ne se dirige vers la sortir. S'en est trop, je ne peux pas la laisser faire ça. Elle n'est pas revenue pour anéantir mon frère, c'est hors de question. Je me lève remplis d'une grande colère, pour me diriger vers eux, je pousse Jo de manière à ce qu'il lâche Rebecca.
- Mais lâche moi Tom, dégage.
- Mais tu rigoles là ! Mais tu te rends compte de ce que tu es entrain de faire subir à bill ? Mais pour qui tu te prends ! Tu n'es vraiment qu'une pauvre fille.
- Et toi qu'un pauvre con.
- Pardon ?! J'ai mal entendu là. Le pauvre con comme tu dis, il ne t'a rien fait de mal et il a toujours été là pour toi ! De quel droit tu fais ça, mais pourquoi Rebecca, Pourquoi ?
- Laisse-moi vivre.
- Mais putain tu te rends compte de ce que tu fais ? Bill vient de sortir en pleure, encore à cause de toi, tu imagines l'effet que ça lui fait de te revoir ! Et toi, tu embrasses ce minable devant ses yeux ! Mais tu cherches quoi !
- Tais-toi ! Dégage Tom, dégage !
- Ca fait mal d'entendre la vérité hein ?
- Je m'en fou de ton frère Tom, maintenant lâche moi.
- Tu sais très bien que ce n'est pas vrai ! Et puis moi je ne m'en fou pas ! Ca fait trois mois ! Trois mois que je le vois anéantit ! Trois mois qu'il n'arrive pas à remonter la pente, trois mois qu'il est obligé de prendre des médicaments pour dormir, trois mois qu'il est sous anti dépresseur. Alors tu vois Rebecca, je ne te laisserai pas lui faire plus de mal. Il y a un mois, je suis rentrée chez nous et je l'ai trouvé inanimé dans la salle de bain, il avait avalé trois tubes de somnifère, il a voulu en finir Rebecca ! A cause toi putain ! Tu te rends compte merde ! Si j'étais arrivé dix minutes plus tard il serait mort Rebecca ! Mort ! Tu comprends ça ?! Alors je ne te laisserais plus lui faire du mal, plus jamais. »
Au rythme de mes paroles je vois ses yeux s'humidifier. Elle me regarde réalisant alors l'importance de mes paroles. Elle voit alors la réalité en face, cette dure réalité qu'elle ne voulait pas connaitre. Elle court au travers de la salle jusqu'à atterrir dehors, je la suis. Elle court sans s'arrêter, dans la nuit et le froid, elle court jusqu'à ce que je ne l'aperçoive plus. Je réalise alors, que je n'aurai peut-être jamais du lui dire tout ça. La réalité n'est peut être pas toujours bonne à entendre.
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Voila un chapitre assez long, j'espére que ça vous fait plaisir.
Toujours Cinq commentaires pour être prévenue.
Dans le prochain chapitre vous aurez les ressentis de Rebecca Face aux derniéres paroles de Tom, et lorsqu'elle est sortie de la salle.
Donnez moi vos avis les plus sincéres. Bisous
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