Tome 2: 9éme partie

Tome 2:  9éme partie

Jo rebecca deborah bill tom georg gustav Quentin mélinda Barbara








Trois mois plus tard
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Rebecca






Je me demande encore ce que je fais là, sur le lieu de mon plus grand échec.
J'avance Rapidement dans cet aéroport que je déteste tant, je vois encore si facilement ton visage derrière cette vitre que j'évite. Je tourne la tête pour ne pas la regarder, car tout ça est du passé.
J'avance avec Quentin à mes côtés, comme il l'a toujours été.
J'évite chaque endroit de cet aéroport qui pourrait me faire penser à toi, à cette journée que je n'ai pas vécue comme je l'aurai voulue.
Je sors dehors, apaiser d'avoir franchit ce hall rempli d'innombrables souvenirs.
Je monte dans un taxi, qui va m'emmener loin d'ici, par la fenêtre je vois le paysage s'éloigner, je le regarde au loin, comme si cette histoire était elle aussi, très loin.
Les souvenirs ne me hantent plus, je leur interdit d'entrer en moi, comme si ils en avaient le droit.
Mais j'y pense toujours, à ce bonheur passé, incroyablement éphémère, qui pourtant, est resté gravé.
Je suis là parce que je regrette d'avoir si facilement abandonner mon rêve pour pouvoir te fuir.
Je rêvais je conquérir l'Allemagne et je ne l'ai pas fait pleinement. J'ai remporté ce titre de Première Danseuse d'Allemagne, mais je ne l'ai pas assumé comme je l'aurai du.
Aujourd'hui je suis là, pour rattraper tout ça, car ce n'est pas toi, qui a le droit de me faire abandonner mes rêves.
Aujourd'hui je reviens, pour avoir le mérite de ce titre, et qu'on ne dise pas, que je n'assume pas mes choix.
Il y a trois mois je suis partie, Laissant à ce pays, les regrets de m'avoir élue. Je suis partie sans leur dire merci, sans être à la hauteur de ce qu'ils m'avaient offert.
Maintenant que je suis là, je serai leur Première Danseuse comme il se doit, et ils seront fiers de moi.
Le taxi s'arrête, je descends suivie de Quentin, pour me retrouver devant cet hôtel Berlinois.
Nous entrons main dans la main, sa manière de me donner ce courage que je n'ai pas.
Les clefs de nos chambres en main, nous montons alors.
J'ouvre ma porte et toi la tienne, tu me souris et me dit bonne nuit, je te regarde dans les yeux, te disant encore une fois merci d'être là, pour moi.




_______ Lendemain.







Ce matin je fus levée très tôt, mon sommeil étant gêné par le mal être que m'apporte cette ville.
Je ne veux pas l'admettre, mais au fond je sais que ce n'est pas facile pour moi d'être ici.
Je regarde par la fenêtre la pluie tomber à grande goutte, ce temps grisâtre qui me rappelle mon premier jour à Berlin. Je me revois alors dans cet appartement que j'aimais tant, sans pour autant m'y sentir à ma place.
J'aimerai y retourner, rien que pour voir si tout a changé, rien que pour pouvoir m'assoir une dernière fois au bord de la fenêtre du salon, regarder l'horizon tout en méditant. Il m'est impossible de remettre les pieds là-bas, j'ai décidé de faire une croix sur tout ça, y aller reviendrait à m'abattre une nouvelle fois. Je ne peux pas faire ça.
Pour que l'envie ne me face pas perdre la raison, j'ai choisie l'hôtel le plus éloigné de cet immeuble aux couleurs pâles où j'ai habité pendant un an. Cet immeuble où l'essentiel de ma vie c'est déroulé.
Je regarde les voitures rouler à vive allure, elles accélèrent, freinent, parfois elles doublent.
Dans un élan de nostalgie je les compare alors à ma vie, car après tout, c'est ressemblant, parfois la vie accélère et nous ne voyons pas le temps passé, regrettant parfois que certaine chose soit déjà terminée. Mais parfois elle freine, et les jours nous paraissent être une éternité, et nous ne voulons qu'une seule chose, que le temps passe plus vite.
Je suis ici seulement pour un mois, sachant malgré tout qu'il me paraitra beaucoup plus long.
Pourtant un mois, ce n'est que trente misérable jours, ça ne représente qu'une infime partie de la vie, mais c'est ainsi. Pour moi il me paraitra interminable. Je le sais déjà.
Je continuais d'admirer ce qu'il se passait dehors lorsque Quentin fut irruption dans ma chambre, un plateau à la main.







« - Tu es déjà levés ! Je voulais te faire la surprise en t'amenant le petit déjeuner au lit !
- Je n'ai pas très bien dormie à vrai dire. Mais on peut quand même prendre le petit déjeuner au lit. Hein.
- Gourmande va. »







Quentin






Je m'assois sur le lit où elle vient de se jeter, j'y dépose le plateau puis m'installe à ses côtés.
Elle semble perdue dans ses pensées, loin, très loin. Je la regarde tendrement. Elle me sourit faiblement, telle une petite âme perdue.
Elle boit son jus d'orange regardant toujours ce qu'il se passe dehors, accoudée à cette fenêtre.
Je me demande encore pourquoi a-t-elle tant voulue revenir ici. Durant ces trois mois Rebecca a su prendre de l'avant, redevenir forte et presque intouchable. Mais au fond, je ne sais pas si c'est vraiment le cas, je me demande si ça ne serait pas plutôt l'image qu'elle souhaite donner. Je crois qu'au fond elle est restée fragile, plus qu'elle ne le pense elle-même.
En revenant ici elle veut se prouver à elle-même qu'elle est aussi forte qu'elle le voudrait, qu'elle peut affronter tout ça comme si il ne c'était jamais rien passer. Mais j'ai peur pour elle, peur que tout ça se termine mal, peur qu'un jour elle retombe sur lui et qu'elle rechute. Encore et encore.








« - Rebecca, tu es sûr de vouloir rester ici ?
- Pourquoi cette question, Quentin ?
- Parce que tu n'as pas l'air bien, Rebecca.
- Je vais très bien.
- S'il te plait Rebecca, ne joue pas à ça avec moi. Ca ne marche pas
- Quentin ! Je vais bien.
- Rebecca écoutes, j'ai peur pour toi.
- Il n'y a pas de raison.
- Si, tu sais très bien que si.
- Je me fou de lui Quentin, c'est du passé, je n'en ai rien à faire. Ca ne me fait plus rien maintenant. Si je suis amenée à le croiser, ça ne me fera ni chaud ni froid.
- Tu sais que ce n'est pas vrai Rebecca, tu te mens à toi-même en disant ça.
- Je suis assez forte pour rester un mois ici Quentin.
- Je ne crois pas.
- Crois ce que tu veux. »










Je la regarde inquiet, car au fond, je sais qu'elle n'est pas aussi forte qu'elle le prétend.
Elle, me regarde sur d'elle-même, j'avoue qu'a cet instant elle parait intouchable, pourtant au fond de moi je sais que ce n'est pas le cas, l'illusion est alors parfaite.








« - Ne t'inquiètes pas Quentin, de toute façon je ne le reverrai pas.
- Méfis toi Rebecca.
- Je ferai attention, promis.
- J'aimerai tant rester avec toi.
- Tu as ton travail Quentin ! Et puis je peux me débrouiller seule tu sais.
- J'ai peur Rebecca, vraiment.
- Tu te souviens ce que tu m'avais dis lorsque nous avions douze ans ? Ce jour où je n'en pouvais plus, ce jour où je voulais tout arrêter. J'y crois encore Quentin.
- Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves.
- Exactement. Je n'ai pas le droit d'abandonner mes rêves à cause de lui, Quentin.
- Mais tu as réussis ! Tu as été nommée Première Danseuse d'Allemagne, alors à quoi bon revenir ici maintenant ?
- Tu crois vraiment que s'enfuir une heure après le résultat, ne pas avoir dansé une seule fois ici depuis, n'avoir donné aucunes explications à cela, est digne de ce titre qu'on m'a attribué ?
- Tu as peut être raison Rebecca. Tes parents seraient fiers de toi s'ils te voyaient respecter tes principes au point de revenir là où tu as tant souffert. Mais un mois Rebecca ! Juste un mois !
- Oui, un mois.
- Promets-moi d'être forte.
- Je le serai, promis. »








Je l'a prend dans mes bras, la serrant contre moi, comme si j'avais une nouvelle fois peur de la perdre. Je la regarde dans les yeux, et lis en elle l'envie d'accomplir ce pourquoi elle était venue ici Il y a maintenant plus d'un an. Elle veut terminer les choses comme il se doit, et assumer ce titre qu'elle a tant désiré. Rien que pour ça, je l'admire. Mais sa fragilité du moment me fait peur, elle se croit redevenue celle qu'elle était auparavant, mais ces blessures qui l'ont achevé sont toujours là, et ça, elle le sait mais ne veut pas l'admettre. Au fond, elle refuse d'être faible.






Tom






Comme chaque matin, lorsque le jour n'est pas encore levé, lorsque tout le monde dort, je sors de l'appartement discrètement.
Une fois dehors, je marche tranquillement le long des rues sombres, et très calmes à cette heure ci.
Il est exactement six heures du matin, l'heure où la ville se réveille petite à petit.
Comme chaque matin je me dirige vers le cimetière, celui ou repose Zofia, celui où je vais chaque matin depuis maintenant trois ans. J'avoue n'avoir jamais tourné la page, n'avoir jamais réussis à oublier ce qu'il c'est passé ce soir là. Alors je n'ai pas d'autre choix que de comprendre Bill, et de ne pas l'empêcher de continuer à penser à elle. Car au fond, moi aussi j'aimerai avoir l'opportunité de récupérer Zofia.








Après avoir passé plus de deux heures à lui parler, ou plutôt à parler tout seul, je me lève délicatement, les larmes aux yeux, le c½ur serré, comme chaque matin.
Je marche pour rentrer jusqu'à chez moi, la tête basse et le c½ur remplit de tristesse.
Je marche lentement, repensant à chaque instant passé avec Zofia. Mon amour pour elle était si fort que jamais je n'aurai cru la perdre un jour, surtout de cette façon là.
Je suis bien beau moi, de faire la morale à Bill parce qu'il ne cesse de penser à Rebecca, parce qu'il refuse de l'oublier et de ne plus penser à elle, alors que au fond je fais exactement pareil.
Ca fait mal, mal de ce dire qu'on a perdu la personne que l'on aime plus que tout, mal de voir notre vie s'écrouler devant nous comme si il n'y avait rien eu avant elle, et comme si on savait d'avance qu'il n'y aura rien après.
Je marche perdu dans mes pensées jusqu'à arriver au pied de mon immeuble, je pousse la porte du hall et tombe face à face avec un homme qui distribue les journaux quotidiens. Il m'en propose un que je saisis avant de commencer à monter les marches qui mènent à chez moi.
J'ouvre la porte doucement, l'appartement est toujours plongé dans le noir.
J'allume la lumière de la cuisine, dépose le journal ainsi que mes clefs sur la table et me dirige vers le réfrigérateur, je me sers un verre de jus de fruit pour ensuite aller m'assoir sur le canapé, regardant la télé. Je zappe jusqu'à comprendre qu'a cette heure, il n'y pas grand-chose d'intéressent au programme. Je me lève et prends le journal déposé auparavant sur la table, puis retourne m'installé sur le canapé. Je le retourne alors et le gros titre me frappa en plein c½ur. Mes yeux s'agrandissent et j'ai comme l'impression que durant une poignée de seconde, mon c½ur s'était arrêté. Je le relis encore et encore, comme pour être sûr que je ne suis pas victime d'hallucinations. Mais non.
Je regarde la photo et me rend compte que je ne rêve pas. Je relis tout de même le gros titre afin d'être sur qu'il n'y a pas erreur sur la personne. Non, je ne reconnais que trop bien ce visage si familier.




« Rebecca Miller, de retour à Berlin. »






Rebecca






Un taxi me dépose au centre de Berlin, devant un studio de télé très connu.
J'entre et fais savoir ma présence à la réceptionniste, qui me dit d'attendre que l'on vienne me chercher. Je vais donc patienter dans la salle d'attente.
Une pile de magazine people est déposée au centre de la pièce, sur une petite table.
Je n'y touche pas, par peur de tomber sur lui. Même en France il est très difficile de ne pas tomber sur son visage. Je ne lis plus de magazine, et je ne regarde presque plus la télé, et encore moins les chaîne de clip, par peur de voir son visage que j'ai tant aimé, mais qui m'a tant fait souffrir.
Je patiente tout en essayant tant bien que mal de chasser tout ces souvenirs qui tentent à chaque instant de prendre possession de moi, maintenant trois mois que je lutte contre eux. Je lutte pour qu'ils ne m'achèvent pas, je lutte pour ne pas souffrir, et pour tenter d'oublier, ou tout du moins pour ne plus y penser. Je lutte contre la dure réalité de mes propres sentiments.
Une femme prononçant mon nom me fit revenir à la réalité, je la suivie jusqu'aux loges réservées aux invités de l'émission. Une maquilleuse me tartine sur le visage tout ce qui est nécessaire pour bien passer à la camera. Je fus ensuite conduis au plateau, là où on m'explique les questions qui vont m'être posés.
Le présentateur annonce alors mon nom et je me dirige vers lui, à ma plus grande surprise, un toner d'applaudissement se fit entendre. Je me demande alors comment ces gens peuvent encore m'apprécier après ce départ improvisé. Je les remercie alors d'un sourire splendide et m'assois aux côtés du présentateur.
J'appréhende toutes ces questions, tout comme les réponses qui vont sortir de ma bouche.
J'appréhende ce retour au sommet de la presse people. Oui Rebecca est de retour, prête à tout pour accomplir ce pourquoi elle était venue dans ce pays l'an passé. Rebecca est de retour plus forte que jamais, prête à tout affronter. Ce petit discours prononcé à demi mot pour me convaincre moi-même sonne si faux qu'il me tiraille l'esprit. Je ne sais pas ce que je vais dire à ce présentateur, je ne sais pas non plus ce qui m'attend les jours avenir. Je sais juste que ça ne sera pas facile. Je réalise alors que je suis bien là, à Berlin, annonçant mon grand retour sur la chaine la plus connue d'Allemagne. Je réalise qu'ils ne vont pas tarder à découvrir que je suis revenue. J'imagine leurs visages, leurs réactions. J'imagine les questions qu'ils vont tous se poser. Tout ça me fait peur, tellement peur.





Bill





J'ouvre les yeux, réveillé par le son trop fort d'une télé allumée. Je regarde le réveil qui celui-ci affiche Dix heure du matin. Il est bien trop tôt pour se lever. Je me retourne et tente de me rendormir, envain. C'est quoi ce bordel ? Tom est devenu sourd ma parole !
Je me lève brusquement pour me diriger vers le salon. Une fois dans le couloir j'aperçois Tom très concentré sur l'écran de la télévision. Je m'approche du canapé, Tom tourne la tête en ma direction, ses yeux s'écarquillent alors, il saute sur la télécommande et éteint la télé en à peine dix secondes.








« - Qu'es qu'il t'arrive ?
- Rien ! Rien du tout !
- Pourquoi tu as éteint la télé alors ?
- Il n'y avait rien d'intéressant !
- Pourtant, tu avais l'air très concentré dessus quand je suis arrivée ! Tu regardais quoi ?
- Rien, je zappais sur tout et n'importe quoi.
- Pourquoi tu avais mit la télé si forte ?
- Désolé, je ne m'en suis pas rendu compte !
- Quand je dis que ce programme avait l'air de t'intéresser !
- Mais n'importe quoi !
- En tous cas, merci de m'avoir réveillé. »








J e me dirige vers la cuisine et me sers un verre de lait. Je sors sur le balcon et regarde l'horizon, comme chaque matin depuis maintenant trois mois. Je respire l'air pur, comme pour vider mon esprit de toutes ces pensées qui me hantent chaque nuit.
Je bois mon lait tout en fermant les yeux, me ressourçant tranquilement, mes cheveux volant au rythme du vent. L'espace d'un instant, je me sens bien. Apaisé par ce petit vent frais.
Une fois mon verre terminé je retourne dans l'appartement, je regarde Tom assis sur le canapé, les bras croisés, perdu dans ses pensées. Il est bizarre ce matin. Je le regarde interloqué, lui ne s'en aperçoit même pas. Devant lui se trouve le journal Quotidien, je me dirige vers lui afin d'en lire son contenu. Je m'apprêtais à le prendre lorsque Tom sursauta et s'en empara avant moi, le cachant derrière son dos. Je fronce alors les sourcils, cherchant la cause de son comportement.









« - Il t'arrive quoi ce matin ? Je n'ai même plus le droit de lire le journal ?!
- Euh... Non.
- Et pourquoi ça ?
- Parce qu'il n'y a rien d'intéressent, tu ne vas pas perdre ton temps !
- Ce matin, il n'y a rien d'intéressant nulle part di donc. C'est bizarre quand même ! Tom ! Tu n'aurais pas quelque chose à me dire ?
- Moi ?! Non ! Que veux tu que j'ai à te dire ?
- Ne me prends pas pour un con, tu es bizarre ce matin !
- Pas du tout !
- Bon et bien donne moi ce journal alors, j'aimerai le lire.
- Non !
- Tom ! Tu te fou de moi là ou quoi ?
- Mais pas du tout, c'est que...
- C'est que quoi ?
- Je... enfin elle... enfin...
- Tom !
- Il faut que tu saches que...
- Quoi Tom ? Il faut que je sache quoi ? Qu'es ce que tu peux m'énerver quand tu fais ça Tom ! Ce n'est pas la mort de me dire ce qu'il se passe !
- Si justement !
- Tom, arrêtes tes conneries et dis moi ce qu'il y a.
- Bon... Il faut que tu saches que ...
- Tom !!!!!!
- Rebecca est revenue... »










Je mis un certain temps à assimiler sa dernière phrase, je ne réagis pas tout de suite, je ne comprends pas ce qu'il dit, je ne comprends rien, je cherche au fond de moi ce qu'il entend par là. Mais je ne trouve rien, je ne comprends pas.




« - Je... Je ne comprends pas »





Il me donne le journal qu'il tenait fermement dans ses mains. Je lis alors ce qu'il y a d'écrit en énorme sur la première page accompagné d'une photo. « Rebecca Miller, de retour à Berlin »
C'est une blague ? Je ne comprends pas, je ne comprends plus, je ne comprends rien.
Pourquoi est-elle revenue, que fait-elle ici ? Je suis perdu.
Toutes sortes de pensées fusent en moi, sans que je ne puisse métriser quoi que se soit.
Je regarde la photo de l'article, main dans la main avec Quentin dans cet aéroport qui me rappelle tant de souvenirs, des souvenirs qui font mal. Tout se mélange alors en moi, je suis déstabilisé, bouleversé. Je regarde Tom interloqué, cherchant dans ses yeux la réponse à mes questions.







« - Je ne sais pas Bill, je ne sais pas pourquoi.
- Je... Je ne comprends pas.
- Moi non plus. Mais elle est là Bill ! Elle est revenue ! Rebecca est là ! C'est belle et bien la réalité.
- Une dure réalité.
- Je sais Bill, s'il te plait ne fais pas d'erreur.
- Non, j'en ai assez faite. Beaucoup trop même. »








Je lâche le journal et recule lentement jusqu'à être collé au mur, je baisse la tête en enfouis mon visage entre mes mains. Le passé me rattrape petit à petit. Les souvenirs reprennent possession de moi. Son visage entre dans mon esprit et n'en sors plus. Durant ces trois mois je n'ai cessé de penser à elle. Je n'allais pas bien, je souffrais à chaque seconde de ma misérable existence. Je n'écrivais plus rien pour le groupe, je ne faisais plus rien, je ne sortais presque plus. Elle m'a Anéantit, rien que pour ça je devrai la Haïr jusqu'au plus profond de mon être, mais je n'y arrive pas. Savoir qu'elle est là, pas très loin de moi, me crispe le c½ur. Je me demande pourquoi, pourquoi est-elle revenue, pourquoi maintenant, je ne comprends pas. Le message que je lui avais envoyé il y a trois mois refait alors surface, tout comme sa réponse. « Ce jour là Bill, je l'attends ». Je n'ai jamais compris ce message, était-il ironique ? Sincère ? Remplit de sous-entendus ? Je n'ai jamais su. Je n'ai jamais compris.
Je me souviens alors de ce jour de Juin, celui où j'étais effondré devant ton avion s'envolant dans les airs. Je me souviens de tes mots ce jour là, si blessant. Je me souviens de ton collier que tu m'as rendu, comme un vulgaire objet sans importance. Je me souviens de tes « Adieu », de chacun de tes mots prononcé ce jour là. Je me souviens de tes larmes que tu retenais, je me souviens des miennes que je laissais aller. Je me souviens de ma douleur ce jour là, cette sensation qu'on m'arrachait le c½ur. Cette sensation de tout perdre.
J'avais mal, comme jamais je n'avais eu mal. Pourtant tu m'as tout de même laissé ainsi derrière toi. J'aurai déjà du t'oublier, te détester, te mépriser. Mais je n'y suis pas arriver.
Durant ces trois mois j'ai sombré, comme jamais quelqu'un n'a sombré. Je suis tombé dans une dépression si importante que je suis à présent sous médicaments. Chaque nuit j'ai rêvé de te voir revenir. Aujourd'hui tu es revenus, mais je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas ce que tu veux, ni ce que tu cherches. Je ne sais plus rien de toi.
Tu m'as surement déjà oublié, tu es certainement avec quelqu'un d'autre, peut-être Quentin, ou peut-être quelqu'un d'autre. J'avais surement tout faux, si un jour nous devrions nous recroiser, tu ne regretterais peut-être rien. Tu me regarderais peut-être avec haine.
Je ne veux pas m'imaginer tout ça, je ne veux pas savoir. Je préfère rester dans le doute, avec cette espérance que je te manque tout de même un peu.
Je revois si facilement ton visage auprès de moi, ces soirs où tu me demandais de te chanter Rette mich. Je te revois allonger à mes côtés, ce sourire aux lèvres, ce visage d'ange que j'ai tant aimé. Je chute, encore et encore, à n'en plus finir. Et j'essaye de m'accrocher à nos souvenirs, pour ne pas laisser le temps me démolir.





Tom







Je le regarde anéantit, ne sachant quoi dire. Je le regarde avec tristesse, je me revois alors il y a quelques années, le soir où on m'a apprit que Zofia ne reviendrait pas. Je n'y croyais pas, pour moi il était impossible quelle ne soit plus là. Bill va mal, très mal, et ce depuis trois mois, même si avant non plus, il n'était pas très bien. Au fond, je me dis qu'il ne devrait pas réagir ainsi, mais plutôt aller de l'avant. Mais je sais que ce n'est pas facile, moi-même je n'y suis jamais arrivé. J'aimerai tant l'aider, et non être le spectateur de son malheur. Seulement, j'ai compris que je ne pourrai rien faire, ni moi, ni notre famille, ni nos amis. Il n'y a qu'elle. Durant ces trois mois je me suis dis qu'avec le temps, ça irait mieux. Au fond, ça ne s'arrange pas, bien au contraire. Aujourd'hui elle est revenue et je ne comprends pas pourquoi. Je me demande comment elle va, comment elle a vécue ces trois mois. Je me demande si elle nous a oublié, rayé de sa vie. Je me souviens alors de cette lettre que j'avais glissé dans un de ces cartons, j'y avais écris tout ce que je ressentais, au fond, je me demande ce qu'elle en a pensé. Je ne sais pas ce qu'elle est devenue, ce qu'elle fait en ce moment, je ne sais rien. Elle a changé de numéro, et n'a plus jamais donné signe de vie. Au fond ça m'a blessé, même si j'avais deviné qu'elle réagirait ainsi. Rebecca est pour moi la personne a qui je dois tout ce que je suis à présent. Jamais je n'oublierai ce qu'elle à fait pour moi. J'aurai aimé l'avoir à mes côtés chaque jour, pouvoir sans cesse bénéficier de ses conseils si précieux. Aujourd'hui elle est revenue et j'ai tant de chose à lui raconter, tant de questions à lui poser. Je ne peux pas laisser passer cette chance qui s'offre à moi.









« -Bill écoutes, je crois que je vais aller la voir.
- Tu rigoles là ?
- Non, Bill, j'ai besoin de lui parler...
- Et moi ? Tu crois que je n'ai pas besoin de lui parler ? Tu crois peut être que je n'ai rien à lui dire ?!
- C'est différent Bill, tu sais que pour toi ce n'est pas une bonne idée.
- N'y vas pas.
- Bill, il y a certaine chose que j'ai besoin de savoir, je suis désolée mais je vais y aller.
- Alors laisse-moi venir avec toi.
- Non Bill. Tu as vu dans quel état tu es ? »










Il baisse la tête et les larmes coulent, il ne peut s'en empêcher. Je le regarde tendrement, je saisis sa main et il me regarde à présent dans les yeux. J'essaye de lire en lui, mais je ne vois presque rien, juste un néant accablant. Chaque fois qu'il me fixe ainsi, j'ai mal, mal de le voir si anéantit. J'aimerai tant qu'il tourne la page.







« - Tu me diras Tom ? Tu me diras comment elle va !
- Il ne vaut mieux pas, Bill.
- S'il te plaît Tom ! J'ai besoin de savoir, savoir comment elle a vécue tout ça, savoir pourquoi elle est revenue ! Je t'en prie Tom.
- Très bien, mais si tu me promets de ne pas chercher à la revoir.
- Je...Je te le promets... »







Ses yeux se remplirent à nouveaux de cette tristesse qui le hante depuis maintenant trois longs mois. Je lui souris gentiment puis enfile ma veste avant d'ouvrir la porte. Je me retourne une dernière fois, il ne me regarde pas. La tête basse, Il pense. Il pense à elle, il pense à moi qui va pouvoir la revoir, il pense à lui, à eux, au passé. Je ferme la porte pour ensuite sortir de l'immeuble, avec comme guise de pensée, le visage anéantit de mon propre frère, lui que j'aimerai tant aider. Je me sens si impuissant. Je me remémore alors l'adresse de l'hôtel où elle se trouve, je l'ai vu ce matin sur le journal quotidien. Il est assez loin d'ici, ce qui n'est surement pas un hasard.


*




Je me gare devant cet hôtel berlinois, classe, réputé pour ses chambres magnifiques.
Je me dirige vers l'accueil, demandant à la réceptionniste le numéro de la chambre de Rebecca. Elle m'indique le numéro quatre cent quatre vingt trois. Encore un hasard.
Je me faufile dans l'ascenseur et patiente jusqu'à l'ouverture des portes au quatrième étage.
Une fois dans le couloir, le doute s'empare de moi. Et si elle n'était pas contente de me voir ? Et si elle ne désirait pas me parler ?
Dans un élan de courage j'avance, cherchant le bon numéro.
Plus je m'en approche, plus je ralentis, la peur est toujours là. Je me retrouve une minute plus tard devant ce numéro qui me fait sourire. Je ne crois pas au hasard.
J'inspire profondément et frappe délicatement. Au bout de plusieurs secondes, aucune réponse. Je frappe un peu plus fort, toujours rien. Elle n'est visiblement pas là. Je ne suis pas venue ici pour rien, je veux à tous prix lui parler. J'attendrai ici, le temps qu'il faudra.





Rebecca






Je regarde ton avion décollé, et je comprends alors que les prochaines semaines seront très dures, surtout si tu n'es pas là pour m'épauler. Je réalise alors à quel point j'ai besoin de toi, Quentin. Je te regarde t'éloigner peu à peu, et à chaque nouvelle seconde, je me sens de plus en plus seule. Le pire à cet instant, déjà difficile, c'est que je me retrouve encore une fois ici, dans cet Aéroport remplit de souvenirs bien trop dur à porter. Je suis là, derrière cette vitre où tu étais il y a trois mois. Le temps me rattrape et me replonge en ce jour du mois de juin, je te revois ici, effondrer par ces paroles que je venais de te dire, si blessante. Je me souviens assise sur mon siège à te regarder au loin, déjà étourdie pas les larmes. Aujourd'hui, j'ai l'impression de revoir l'empreinte de tes mains sur cette vitre des adieux. Depuis, je ne t'ai jamais revu, c'est précisément la dernière image que j'ai de toi, une image qui fait mal, si mal. Parfois, je regrette de t'avoir dis toutes ces horribles paroles, je regrette d'avoir été si blessante. Mais si je ne t'avais pas dis tout ça, tu ne m'aurais pas laissé partir, il le fallait.
Je me revois dans tes bras, toutes ces nuits où je venais dormir avec toi. Je t'entends encore me fredonner Rette mich au creux de l'oreille pour m'endormir. Je me rends compte à quel point tout ça était devenu une habitude si importante pour moi. Pourtant, du jour au lendemain il n'y a plus rien eu. Je ne te parlais plus. Je me revois encore passer devant toi chaque matin dans le hall de notre immeuble, on se frôlait presque, je ne te regardais pas, je ne te parlais pas, rien. Seulement du mépris. Je me souviens à quel point j'étais mal. Alors finalement, être partie n'est pas plus mal, je ne pouvais plus supporter tout ça. Je ne regrette pas d'être partie, même si ta présence me manque terriblement, même si j'ai souvent penser à ton parfum enivrant, espérant pouvoir le sentir juste une dernière fois. Je regrette juste que ça n'est pas marché entre nous, je regrette cette succession de malheur qui a contribué à mon départ. Je te regrette toi. Je me demande comment tu as vécu tout ça. M'aurais-tu oublié ? Aurais-tu tourné la page ? Au fond, je ne préfère pas savoir.
Je quitte cet Aéroport les larmes aux yeux, me rendant compte qu'à présent je suis seule face à mes propres responsabilités. Quentin n'est plus là pour m'aider, et ici, je n'ai plus personne. Je me rappelle alors tous ces moments passés avec Tom. Lorsque je n'allais pas bien il était toujours là pour m'aider à remonter la pente. Je me souviens de sa lettre, si touchante. Je me souviens de son visage la première fois qu'il a vu Shanna, sa fille. Je me souviens de son plus beau sourire en guise de Merci. Tu étais la seule personne à qui je pouvais réellement me confier, Tom. Quentin n'était plus là, Melinda non plus. Avec Bill, c'était compliqué. Au fond il n'y a qu'avec toi que j'avais une relation stable. C'était mon équilibre. Je me demande alors ce que tu es devenu, je me demande comment va Shanna. J'espère que tout va bien pour toi, et j'espère aussi, que tu ne m'as pas oublié Tom, non, pas toi.

Regardant l'horizon par la fenêtre du taxi, tous ces souvenirs s'emparent de moi peu à peu. Je me demande comment tout le monde va. Georg, mon Georg. Je regrette tellement de t'avoir perdu. Toi, mon confident, lors de mes derniers mois à Berlin, c'est toi qui avait été le plus présent. Je me demande alors ce que vous tous penser de moi, certainement pas quelque chose de bien. Je suis partie comme ça, je vous ai tous abandonné, sans aucune nouvelles. Au fond je me suis abandonnée moi-même. Je regrette tout ça.

Le Taxi se gare devant mon Hôtel, je descends, essuyant au passage les larmes qui commençaient à glisser le long de mes joues. Je n'aurai peut être pas du revenir ici.
Pourtant il le fallait, je n'ai pas d'autre choix que d'honorer le titre que l'on m'a attribué.
Essayant de ne plus penser à tout ça, je prends ma respiration pendant que l'ascenseur me mène à mon étage. Ses portes s'ouvrent et je commence à parcourir le couloir, la tête basse.
Malgré mes efforts, je n'arrive pas à chasser tout ça de mon esprit, mais pourquoi ? Sachant que je ne suis plus qu'a quelques mètres de ma chambre, je redresse la tête. Mes jambes s'arrêtèrent de marcher en à peine une fraction de secondes. Les larmes retenues il y a quelque instant dans ce taxi remontèrent à la surface. Je te regarde, tu es seulement à quelques mètres de moi. Je te regarde, ne sachant que faire. Je ne bouge pas. Tu me souris et avance doucement en ma direction, ne me quittant pas des yeux. Je ne bouge toujours pas, comme déstabilisée par ta présence si familière. Tu es maintenant juste devant moi, je te regarde toujours droit dans les yeux, je ne te dis rien, comme si je venais de perdre toute utilité de ma voix. Tu prends ma main, tu me regarde toujours, avec ce sourire que j'aime tant. Tu reste encore ainsi quelques instants avant de me prendre dans tes bras et de me serrer très fort contre toi. Je pose délicatement ma tête sur ton épaule, et je ne peux retenir mes larmes en présence de ton odeur qui me rappelle tant de souvenirs.






« - Tu m'as tellement manqué, Rebecca.
- Toi aussi Tom, et certainement plus que ce que tu peux penser. »







Tu te recules pour pouvoir me regarder, de ton pouce tu essuies une larme qui venait de s'échapper. Tu me souris toujours autant, comme tu l'as toujours fais. Je me demande alors ce que tu fais ici. J'appréhende chacune de tes paroles. Tom, dis moi que tu ne me détestes pas. Je ne voulais pas vous revoir, A présent je sais pourquoi, Vous requitter une deuxième fois sera insupportable. Je ne voulais pas réentendre ta voix tom, elle est si sécurisante qu'elle m'enferme dans ton c½ur, il est si difficile d'en sortir. Tom, j'ai peur maintenant. J'ai peur de céder à cette envie de te reprendre dans mes bras, encore et encore. J'ai peur de céder à la tentation de tout te dire, de tout te confier, de m'abandonner à toi comme je l'ai si bien fais. Nous entrons dans ma chambre, je me retourne pour te faire face. Tes yeux noisette me font systématiquement penser aux siens. Pourquoi ! Pourquoi lui ressembles-tu autant ?. J'ai tant de mal à te regarder à présent. Il faut que je sois forte, il ne faut pas que tu vois toutes mes faiblesses Tom. Non, je ne veux pas. Je replonge alors mes yeux dans les tiens, avec cette force qui pourrait faire de moi quelqu'un d'intouchable. Pourtant, j'ai du mal à maintenir mon regard Tom, tu me fais bien trop penser à lui. Pourtant je reste ainsi à te regarder, Je veux que l'illusion soit parfaite, je veux te voir y croire, toi aussi.





« - Comment tu vas, Rebecca ?
- Très bien.
- Tu parais tellement peu sur de toi à cet instant Rebecca.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que je te connais. »







Je détourne le regard et m'assois sur le rebord de la fenêtre, comme je fais chaque fois que je dois réfléchir. Je regarde l'horizon, cherchant au fond de moi ce que je pourrai te dire. Je ne trouve rien, simplement parce que je n'ai rien à te dire Tom. Tu as raison, comme tu as toujours eu raison à mon sujet. Je baisse la tête, cherchant au fond de moi la force dont j'ai besoin pour t'affronter, toi et ton visage qui me replonge alors dans tous ces souvenirs que je veux oublier. Tu te places à nouveau devant moi, relève mon visage de ton index, tu replonges alors tes yeux dans les miens. C'est si dur Tom, tu ne comprends pas.






« - Pourquoi es-tu là Rebecca ?
- Pour danser.
- Comment ça ?
- Tu oublis que je suis première Danseuse d'Allemagne. Je n'ai pas le choix, je dois l'assumer.
- Tu restes combien de temps ?
- Un mois. »







Cette fois c'est toi qui baisse la tête, tu me tournes le dos et regarde par la fenêtre, je me rappelle alors cette habitude commune. Tom, ne m'en veux pas, non pas toi. Je ne sais plus quoi te dire. Je ne veux pas tout te révéler, je ne veux pas que tu saches le calvaire que j'ai vécue durant ces trois mois. Pourtant, je meurs d'envie de me blottir dans tes bras et de tout te dire.





« - Merci pour ta lettre, Tom.
- Mieux vaut tard que jamais.
- Ecoutes Tom, tu ne te rends pas compte de ce que j'ai ressentis à mon départ, tu ne sais pas ce que j'ai vécue, tu ne sais rien. S'il te plaît ne m'en veut pas. Mais ta lettre Tom, si tu savais comme elle m'a touché, chaque mot est imprégné dans mon c½ur, je pourrai te la redire, là, tout de suite, sans oublier un seul mot. Tom... Je suis désolée. Tellement désolée.
- Pourquoi tu as fais ça Rebecca ? J'avais besoin de toi. »








Je te tourne le dos, essayant tant bien que mal de refouler toutes ces larmes qui montent en moi. Je respire lentement, cherchant les mots adaptés à cette situation. Je ne trouve rien, rien du tout. Je ne sais pas quoi te dire Tom. Je ne sais pas comment t'expliquer tout ça, je ne sais pas comment te dire ce que tu voudrais entendre. Aucun mot ne pourrait résumer la puissance de tout ce que j'ai ressentis Tom. Je m'en veux tellement de t'avoir laissé comme ça.









« - Je n'avais pas conscience des conséquences de mon départ Tom.
- Certainement. Tu n'imagines même pas tout ce qui c'est passé en ton absence.
- S'il te plaît Tom, ne me dis rien. Je ne veux pas entendre ce que je redoute plus que tout.
- Rebecca...
- Non Tom. Il faut que j'avance. Je suis là ! Je suis revenue ici ! Mais je me demande encore ce que je fou là.
- Si tu es là c'est qu'au fond de toi, tu voulais revenir ici, Rebecca.
- Ne crois pas ça.
- Si, je le crois. Peu importe ce que tu diras, car je sais que tu ne me diras rien de ce que tu penses, tu me diras seulement ce que tu veux que j'entende.
- Tu me connais si bien, Tom. Tu m'énerves. »










Mon rire se mêle au tiens, me rappelant au passage toute ces soirées passées ensemble.
Je m'approche de toi, de ma propre initiative je te prends dans mes bras. Je n'ai pu résister bien longtemps.
Tu me souris et j'ai comme l'impression qu'il y a un petit peu moins d'amertume dans ton regard, qu'il y a quelques minutes.
Je souris aussi, laissant paraitre la joie que j'ai de te revoir, même si ça fait mal. Je sais qu'au fond de moi, j'espérais te revoir.
Mais je t'en prie, ne me parle pas de lui, jamais. Il suffirait que tu prononces son prénom pour que je m'effondre devant toi. Comme si tu lisais vraiment en moi, tu ne le fais pas. Pourtant je sais que tu meurs d'envie de me poser mille et une questions. Je sais que tu aurais aimé savoir tout ce que j'ai fais pendant ces trois mois. Je ne peux rien te dire Tom, tout ça est bien trop dur à assumer. Je ne veux pas parler de tout ça, car au fond, je sais que je n'y arriverai pas. Je te regarde, me replongeant une nouvelle fois dans ce passé que je n'arrive pas à oublier. Tes yeux Tom, j'ai vraiment beaucoup de mal à les regarder. Tu as les mêmes, exactement les mêmes. Je remercie alors ta différence vestimentaire, aujourd'hui, elle me sauve d'une rechute interminable.









« - Lui et moi Rebecca, sommes deux personnes différentes. Pourquoi nous avoir tous mis dans le même lot ? J'avais vraiment besoin de toi. Si je suis là aujourd'hui c'est pour te faire comprendre à quel point tu étais importante pour moi. Tu l'es toujours. Je veux que tu comprennes que je ne peux pas t'oublier comme ça, simplement parce que tu avais décidé que ça devait se passer ainsi. Je veux te faire comprendre que ce n'est pas nous qui dirigeons nos sentiments, mais notre c½ur.
- Je sais...
- Mais non tu ne sais pas Rebecca, la preuve, tu nous a tous laissé, moi, Georg, Gustav, Deborah, Andréas.... Et Bill. »









J'espérais au fond de moi qu'il ne prononce pas ce prénom qui me fait si mal. Je te regarde anéantit, te faisant comprendre qu'en un seul mot tu venais de m'abattre. Je me retourne pour ne plus te regarder. Je ne veux plus ressentir tout ça, je ne veux plus souffrir comme ça.









« - Rebecca, tu n'aurais jamais du partir, et tu le sais aussi bien que moi.
- Mais arrêtes Tom ! Arrête! Pourquoi tu es venu ? Pour me jeter tout ça à la gueule, pour me faire culpabilisé, mais je ne voulais pas Tom ! Non, je ne voulais pas tomber amoureuse de Bill, je ne voulais pas partir, A la base je ne voulais même pas venir ici l'an passé. Mais tout ça c'est produit, contre ma volonté ! Je n'ai rien contrôlé ! Rien du tout ! Voila Tom ! Voila où ça nous a mené. Maintenant si tu es venu ici pour me dire ça Tom, juste ça. Vas-t'en ! Car tout ça Tom, je le sais déjà. Je sais le mal que je t'ai fais, à Bill aussi. Mais moi aussi je me suis fais du mal Tom ! Alors tu vois, c'est déjà tellement dur pour moi de revenir sur les lieux de mon plus grand échec, je n'ai pas besoin d'entendre tout ça. Je n'ai pas besoin que tu me rappelles tous ces souvenirs qui aujourd'hui font ce que je suis devenue. Je ne suis plus rien Tom ! Tu comprends ça ? Plus rien.... »









Submergée par les larmes, plus rien ne sort. Ma respiration est saccadée et je ne retiens plus mes larmes, je n'y arrive plus. Tu t'approches de moi et me prends dans tes bras. Je sais que tu ne voulais pas ça Tom. Mais il faut que tu comprennes que c'est déjà très dur pour moi. Vous avez souffert, je le sais. Mais moi aussi j'ai souffert, terriblement souffert.







Bill







Je regarde par la fenêtre du salon, attendant avec impatience ton retour.
Je me demande ce que tu lui as dis, ce qu'elle t'a dis, ce que vous vous êtes raconter.
J'aurai tellement aimé la revoir, moi aussi. Pourtant, je ne le ferai pas, Tom à raison, ça serait bien trop dur pour moi.
J'aimerai faire celui qui a tourné la page, aller la voir sans rancune, sans souvenirs, sans peine. Tout ça est impossible et je le sais très bien. Dés lors où mes yeux se plongeraient dans les siens, je serai déstabilisé, perdu, mal, terriblement mal. Pourtant j'en ai envie, Oh que oui j'en ai envie. Pouvoir sentir sa présence, pouvoir me plonger sans son regard bleuté que j'aime tant, serait pour moi atteindre l'inaccessible. Mais au fond, je sais qu'il ne faut pas faire ça. Je ne serai pas heureux de la voir, juste malheureux de constater qu'elle a très bien réussie sa vie sans moi. Maintenant j'en suis sûr, elle m'a définitivement oublié. Si ce n'était pas le cas elle n'aurait pas pu revenir ici, dans cette ville, sachant très bien qu'on viendrait surement à se croiser. Si elle n'avait pas tourné la page, elle n'aurait jamais remit les pieds ici, et au fond ça me fait mal de constater qu'elle a oublié, tout oublier.
J'étais perdu dans mes rêveries lorsque j'entendis la porte s'ouvrir, je me retourne précipitamment et constate que c'est bien toi, tom. Je m'avance près de toi te suppliant du regard de tout me raconter. Tu émets un soupir qui en dit long sur ton agacement et pars t'assoir dans le canapé. Je te suis et m'assois en face de toi.








« - Elle a changé ?
- Pas le moins du monde.
- Elle était contente de te voir ?
- Contente, oui. Triste, aussi.
- Tu lui as dis quoi ?
- Ce que j'avais à lui dire, Bill.
- Tom ! Je veux savoir.
- En gros je lui ai dis qu'elle savait tout comme moi qu'elle n'aurait jamais du partir.
- Elle t'a répondu quoi ?
- Elle c'est énervée. Elle m'a dit qu'elle savait très bien tout ça et que c'était déjà très dur pour elle de revenir ici et que en gros elle n'avait pas besoin que j'en rajoute.
- Ah... Elle t'a dit pourquoi elle revenue ?
- Oui. Elle est revenue pour sa propre fierté Bill, elle est revenue pour danser. Pour au final nous prouver et se prouver à elle-même qu'elle est assez forte pour nous affronter. Même si c'est faux.
- Elle t'a dit ça ?!
- Non, mais c'est ça.
- Elle m'a oublié n'est ce pas ? Elle a tourné la page...
- Non Bill, je ne pense pas. Il m'a suffit de prononcer ton prénom pour qu'elle s'effondre. Elle n'a rien oublié du tout Bill, ni toi, ni nous, ni ce qu'elle a fait. Rien du tout.
- Tu crois que j'ai toujours une chance de la récupéré Tom ?
- Non. Rebecca ne changera pas d'avis, et ça, je viens seulement de le comprendre. Même au plus mal, même abattue, elle n'est pas revenue pour nous. Ca veut tout dire Bill. Jamais elle n'admettra, ou plutôt n'assumera le fait qu'elle a besoin de nous. Elle préfère vivre l'horreur et souffrir plutôt que de revenir vers nous, voilà à quel point est sa fierté, Bill. »












Je baisse les yeux, analysant chacun de tes mots. Je sais que tu as raison, mais je ne peux m'empêcher de garder ce petit brin d'espoir qui m'a aidé à tenir durant ces trois mois. Je ne peux pas voir cette réalité si dure à admettre, c'est impossible. Anéantis, je me lève et me dirige vers ma chambre. Au fond, je ne voulais pas entendre tout ça. Je ne veux pas en savoir plus, je préfère rester dans l'ignorance, pour une fois. Je m'allonge sur mon lit, ces souvenirs de nos nuits me bercent et me transporte dans un monde magique, un monde où tu es encore là, près de moi, un monde où tu m'aime encore. Je m'endors, avec pour unique penser, ton visage d'ange à mes côtés.





_______ Lendemain









Mes yeux s'ouvrent un à un délicatement, je prends alors conscience que je ne me suis pas réveiller une seule fois cette nuit, chose devenue incroyable à présent. Je regarde l'heure affichée sur le réveil, il est seize heure de l'après midi. Je n'en reviens toujours pas. Bien dormir est devenu quelque chose de si peu habituel pour moi. Je me lève tranquillement, en arrivant dans le salon, je découvre Tom assis sur le canapé, les bras croisés, perdu dans ses pensées. Je passe devant lui pour aller à la cuisine me chercher un verre de laid, puis je reviens ensuite m'assoir à ses côtés.








« - Tu penses à quoi ?
- Je repense à hier. Je n'arrive pas très bien à cerner ce qu'elle ressent, j'aimerai tant qu'elle me dise tout ce qu'elle a sur le c½ur, au moins je serai fixé.
- C'est Rebecca. Elle est comme ça, si difficile à comprendre.
- Je sais, oui. Bref, dépêche-toi de te préparer, à 20h nous devons être à une soirée.
- Une soirée ?
- La soirée des célébrités d'Allemagne.
- Okai. »






*







J'entre dans cette grande salle remplit d'innombrables personnes, toutes connues aux yeux de l'Allemagne, et parfois même, d'autre pays. De grandes tables sont dressées un peu partout dans cette salle dont la superficie est égale à celle d'une salle de concert. Une ambiance de boîte de nuit règne ici, des lumières provenant seulement de quelques projecteurs, des pistes de danse, des bars, de l'alcool, beaucoup d'alcool. Je fais rapidement le tour de la salle du coin de l'½il, je connais presque tout le monde, personnellement ou parfois juste de vue. Les garçons et moi nous asseyons dans l'un des coins canapé présent ici. Il y a du monde qui danse, du monde qui boit, du monde qui parle, qui rigole. Au fond de moi ça me donne envie de m'amuser un peu, Ca fait si longtemps. Tom commande à boire et lorsque les boissons arrivent nous trinquons en cette soirée. Nous commençons à discuter de tout et de rien, me faisant penser un peu à autre chose qu'a mon quotidien qui est loin d'être Joyeux. En une seconde à peine tout le monde se retourna vers Georg qui venait de recracher sa bière.





« Je... Je crois que Rebecca est ici. Là-bas. »







Je détourne les yeux vers l'endroit que nous indiquait Georg, Ce fut alors comme si mon c½ur s'arrêtait de battre. Mes yeux ne bouge plus, il reste fixer vers cette silhouette que j'ai tant aimé. Je la regarde au loin, comme si je ne croyais pas vraiment en ce qui était entrain de se passer. Elle est là, moi aussi, nous sommes là, réunis dans cette même salle. Incroyable. Je prends alors conscience que ce que j'espérais le plus au monde il y a trois mois est enfin arrivé. Je vais pouvoir la regarder droit dans les yeux, rien qu'une seconde. J'aimerai que ce message ce réalise et qu'elle me dise tous ces mots que j'aimerai entendre. Je n'y crois toujours pas, elle est seulement à quelques mètres de nous, en compagnie de quelques personnes, hommes et femmes, surement des danseurs. Elle ne nous a pas vus. Je détourne enfin le regard, troublé par sa présence. Je regarde Tom, il me fait signe de venir avec lui, je me lève alors et le suis au travers cette salle, pour au final sortir dehors.







« -Il est préférable qu'on parte, Bill.
- C'est hors de question Tom, j'ai attendu ce jour pendant trois mois Tom ! Je t'avais promis de ne pas aller la voir, je n'y suis pas aller ! Le destin vient de nous réunir ici et je suis sûr qu'il y a une raison à tout ça.
- Bill, ce n'est vraiment pas une bonne idée.
- Je ne partirai pas, Tom. Quoi que tu dises quoi que tu fasses. »







Je retourne à l'intérieur, suivis de Tom. Je me dirige à nouveau vers l'endroit où nous sommes installés. Je remarque alors l'absence de Georg. Je tourne automatiquement le regard vers l'endroit où se trouvait Rebecca. Il est là, il l'a prend dans ses bras. A cet instant la jalousie me parcourt, j'aimerai tant pourvoir la prendre dans mes bras, moi aussi. Pourquoi lui. Pourquoi me fait-il ça, lui, mon ami. Je le regarde parler avec elle, je la regarde, le sourire aux lèvres, lorsque son regard se détournai vers nous. Durant une fraction de seconde à peine, mes yeux étaient plongés dans les siens. Je me suis senti si mal que j'ai détourné mon regard vers Tom. Je n'ai pas pu voir la réaction qu'elle a eu, et je n'ose plus tourner la tête vers elle, par peur de revivre ce que je viens de vivre. Un c½ur remplit de douleur, voilà ce que j'ai. Jusque là je ne me rendais pas compte, mais la voir me fait horriblement de mal, j'ai du mal à affronter ça, à rester ici en sa présence. Pourtant, j'aimerai entendre le son de sa voix, rien qu'une fois. J'ai besoin de ça, même si je sais qu'après, je serai tombé bien bas.





Tom





Les heures passent et tu restes là, sans bouger. Georg est revenu et tu le fusille du regard à chaque minute. Tu l'a regarde sans cesse, malgré la distance je sais que tu l'a détail pour retrouver ce que tu aimais tant chez elle. Elle c'est assise assez loin de nous, en compagnie de personne que je ne connais pas du tout. Elle boit, beaucoup. Comme si elle souhaitait penser à autre chose qu'a l'instant présent. Tout à l'heure lorsque Georg lui a dit que Bill était lui aussi présent à cette soirée, elle l'a tout de suite regardé, comme pour vérifier que c'était bel et bien possible. A cet instant j'ai vu dans son regard toute la tristesse qui pouvait s'y trouver. Et c'est alors que j'ai compris, Rebecca est toujours amoureuse de Bill. Ca, j'en suis maintenant persuadé. Reste à savoir pourquoi est-elle revenue ici. Peut-être pour essayer de se prouver qu'elle avait tourné la page. Au fond, elle se rend compte que c'est totalement l'inverse, tout ça l'a bouleversé. Alors elle boit, cinq verres, six verres, sept, huit, je ne compte plus, il y en a trop. Son rire se fit entendre d'ici, ce rire que Bill aime par-dessus tout. Il l'a regarde avec peine, faiblesse, regret. Il l'aime, plus que tout, plus que n'importe qui, n'importe quoi. Il aimerait tant avoir une chance de pouvoir la reprendre dans ses bras, de pourvoir l'aimer autant qu'il le souhaite. J'aimerai tant que ça se réalise, pour elle, pour lui, pour eux.
Je la regarde encore, elle n'arrête pas de boire, et je vois d'ici qu'elle n'est plus dans son état normal, plus beaucoup en tous cas. Je l'a vois serrer quelqu'un dans ses bras, je me rends compte quelques minutes plus tard qu'il s'agit de Jo. Comment peut-elle parler à ce mec. Je regarde Bill, il est de plus en plus désemparé. Je savais que ce n'était pas une bonne idée de rester ici. Jo entraine Rebecca sur la piste de danse. Elle ne nous regarde pas, au fond, je sais qu'elle va mal, très mal. Elle a bu pour essayer d'oublier, pourtant même avec trop d'alcool dans le sang je sais qu'elle n'est pas bien. Elle danse avec Jo comme si ils ne c'était rien passer entre eux, comme si ils ne s'étaient jamais disputer. Je ne comprends pas son comportement. Surement l'alcool. Ils se rapprochent et danse de plus en plus prés. Bill les regarde avec des yeux remplit d'une peine inimaginable. Il souffre. Elle continu de danser très prés de Jo, bien trop près. Ils se regardent dans les yeux, Rebecca lui sourit, lui se rapproche encore plus dangereusement d'elle. Il lui sourit aussi et pose ses lèvres sur les siennes. Bill se lève brutalement, j'aperçois quelques larmes glisser le long de sa joue avant qu'il ne se dirige vers la sortir. S'en est trop, je ne peux pas la laisser faire ça. Elle n'est pas revenue pour anéantir mon frère, c'est hors de question. Je me lève remplis d'une grande colère, pour me diriger vers eux, je pousse Jo de manière à ce qu'il lâche Rebecca.









« -Mais putain, pourquoi tu fais ça ! Je ne te comprends plus Rebecca.
- Mais lâche moi Tom, dégage.
- Mais tu rigoles là ! Mais tu te rends compte de ce que tu es entrain de faire subir à bill ? Mais pour qui tu te prends ! Tu n'es vraiment qu'une pauvre fille.
- Et toi qu'un pauvre con.
- Pardon ?! J'ai mal entendu là. Le pauvre con comme tu dis, il ne t'a rien fait de mal et il a toujours été là pour toi ! De quel droit tu fais ça, mais pourquoi Rebecca, Pourquoi ?
- Laisse-moi vivre.
- Mais putain tu te rends compte de ce que tu fais ? Bill vient de sortir en pleure, encore à cause de toi, tu imagines l'effet que ça lui fait de te revoir ! Et toi, tu embrasses ce minable devant ses yeux ! Mais tu cherches quoi !
- Tais-toi ! Dégage Tom, dégage !
- Ca fait mal d'entendre la vérité hein ?
- Je m'en fou de ton frère Tom, maintenant lâche moi.
- Tu sais très bien que ce n'est pas vrai ! Et puis moi je ne m'en fou pas ! Ca fait trois mois ! Trois mois que je le vois anéantit ! Trois mois qu'il n'arrive pas à remonter la pente, trois mois qu'il est obligé de prendre des médicaments pour dormir, trois mois qu'il est sous anti dépresseur. Alors tu vois Rebecca, je ne te laisserai pas lui faire plus de mal. Il y a un mois, je suis rentrée chez nous et je l'ai trouvé inanimé dans la salle de bain, il avait avalé trois tubes de somnifère, il a voulu en finir Rebecca ! A cause toi putain ! Tu te rends compte merde ! Si j'étais arrivé dix minutes plus tard il serait mort Rebecca ! Mort ! Tu comprends ça ?! Alors je ne te laisserais plus lui faire du mal, plus jamais. »










Au rythme de mes paroles je vois ses yeux s'humidifier. Elle me regarde réalisant alors l'importance de mes paroles. Elle voit alors la réalité en face, cette dure réalité qu'elle ne voulait pas connaitre. Elle court au travers de la salle jusqu'à atterrir dehors, je la suis. Elle court sans s'arrêter, dans la nuit et le froid, elle court jusqu'à ce que je ne l'aperçoive plus. Je réalise alors, que je n'aurai peut-être jamais du lui dire tout ça. La réalité n'est peut être pas toujours bonne à entendre.






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Voila un chapitre assez long, j'espére que ça vous fait plaisir.
Toujours Cinq commentaires pour être prévenue.
Dans le prochain chapitre vous aurez les ressentis de Rebecca Face aux derniéres paroles de Tom, et lorsqu'elle est sortie de la salle.
Donnez moi vos avis les plus sincéres. Bisous

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# Online seit Sonntag, 23. August, 2009 um 16:43

Geändert am Sonntag, 06. September, 2009 um 14:10

Tome 2: Dixiéme partie.

Tome 2: Dixiéme partie.
Rebecca







Je cours aussi vite que je le peux, je cours sans savoir où je vais.
Je cours malgré tout l'alcool qui se balade en moi, je cours le c½ur lourd.
Les paroles de Tom me hantent à chaque instant. Je réalise alors toutes les conséquences, je réalise le mal que j'ai pu lui faire. Je réalise ce que je ne voulais pas réaliser. Ce soir, je n'ai fais qu'en rajouter en laissant Jo m'embrasser. Bien que je n'avais pas conscience de ce que je faisais, je m'en veux terriblement. Je n'aurai jamais du revenir ici. Je m'arrête de courir, découvrant alors que je suis devant cette cascade, celle que j'aime tant, celle où bill m'emmenait lorsqu'il voulait me parler. Les larmes montent en moi avant que je ne rebrousse chemin, cherchant un taxi dans les rues sombrent de Berlin. Je marche la tête basse, le c½ur remplit de regrets et de tristesse. Ce soir j'ai bu pour oublier qu'il n'était qu'a quelques mètres de moi. J'ai bu pour oublier la peine qui était entrain de m'envahir, je voulais juste tout oublier. A chaque seconde je sentais ton regard se poser sur moi, j'avais mal, mal de sentir ta présence non loin de moi. Je n'aurai pas du. Il y a tant de chose que je regrette aujourd'hui. Je ne me reconnais plus, je ne sais plus qui je suis vraiment. Je me demande alors pourquoi toutes ces sensations sont toujours présentes en moi, même après trois mois. Pourquoi le temps n'a pas guéri chacune de mes blessures, pourquoi n'a-t-il pas effacé toute cette histoire de ma mémoire. En quittant Berlin, je voulais repartir à Zéro, commencer une nouvelle vie. Alors pourquoi tout ne c'est pas passé comme je le désirais ?
Partir pour mieux souffrir, chose qui parait incroyable, pourtant, telle est la réalité, ma réalité. Aujourd'hui, je ne sais plus quoi faire, je ne sais pas si il serait préférable que je reparte, maintenant. Avant d'être la cause d'autre mal être, encore plus fort. Je ne sais pas si je dois rester, accomplir mon objectif. Je ne sais que faire qui pourrait m'éviter une énième souffrance qui m'attirera une fois de plus vers le bas. Au fond du gouffre. Je sais simplement que je ne dois plus le faire souffrir ainsi. Tom m'a balancé cette réalité que je ne voulais pas connaitre, comme quelque chose d'anodin. Il m'a révélé ce que j'avais peur d'entendre, et bien plus encore. Je ne supporte pas d'être la cause de l'état dans lequel est Bill, je ne supporte pas de l'avoir abandonné comme ça, ne pensant à rien d'autre qu'a moi, à ma propre petite personne, telle une fille égoïste. Oui Bill, je regrette d'être partie comme ça, je regrette de t'avoir laissé derrière moi. Non je ne peux pas t'oublier comme ça. Ton message était si réaliste qu'il résonne en moi comme une mélodie gravé dans mon esprit. Oui Bill, tu avais raison. Malgré moi.





Bill






Assis sur un des nombreux bancs de la capitale, à l'abri des regards, je me remémore chaque seconde de la scène qui s'offrait à moi Il y a quelques minutes. Je revois si bien la main de Jo se poser sur la hanche de Rebecca, son visage se rapprocher, ses lèvres toucher les siennes. C'est à cette seconde que je me suis retrouvé face à la réalité, face à ce que je ne voulais pas admettre, face à ce présent si déchirant. Elle ne m'aime plus, plus du tout. Pour elle je n'existe plus, je ne suis plus qu'un vaste épisode du passé, épisode qu'elle a visiblement oublié. Je ne suis plus rien. A cette instant, le peu d'espoir qui me restait s'effondre, je n'y crois plus, je ne veux plus y croire. Pourtant, je ne peux pas oublier. C'est bien trop dur. Trois mois que je ne l'avais pas vu, pourtant, sa présence me déstabilise toujours autant. Pourquoi ce n'est pas aussi simple que dans un compte de fée ?
Je n'ai rien fais pour mériter ça, rien ! J'ai juste tenté de la protéger, je ne voulais pas qui lui arrive la même chose que Zofia ! Il n'y a rien de mal la dedans, alors pourquoi ! Pourquoi tout c'est écroulé autour de moi, pourquoi m'a-t-elle laissé comme ça ? Je ne voulais pas que ça se passe ainsi. Je voulais juste l'aimer, l'a rendre heureuse. J'ai fais l'inverse de tout ça, je l'ai rendue malheureuse au point qu'elle veuille partir si loin de moi, ne plus jamais me revoir ni entendre parler de moi. Pourtant je l'aime, Oh oui je l'aime. L'amour est parfois si déchirant, qu'il nous emmène au plus bas, au fond du trou, tout au fond, là où nous ne pouvons plus remonter. Jamais.





Tom






Cela fait à présent une heure que je parcours les rues de Berlin en voiture, à la recherche de Bill. Son état me fait peur, je sais qu'il va mal, très mal. Nous n'aurions pas du rester à cette soirée, c'était une absurdité. Mais encore une fois, il n'a pas voulu m'écouter. Il s'est retrouvé face à un mensonge, face à une image. Ce qu'il a vu n'était pas la réalité, loin de là. La réalité est telle que Rebecca à ingurgité une forte dose d'alcool pour ne pas penser à lui, elle s'est laissé embrasser, guidée par cet alcool qui lui tournait déjà fortement la tête. Lui n'a vu que ce baiser, ce rapprochement qu'il pense être naturel, Cette réalité qui n'en n'est pas une, lui a fortement déchiré le c½ur. A cet instant il pense surement n'être qu'un élément de son passé, mit de côté et oublié durant ces trois mois. Bill est mon jumeau, je ressens ce qu'il ressent, je sais ce qu'il pense de tout ça. Pour lui il est évident que Rebecca ne l'aime plus, maintenant qu'il en est sûr, j'ai peur de l'avenir. Je parcourais une énième rue, lorsqu'a l'entrée d'un parc, je reconnu sa silhouette assise sur un banc. Je gare ma voiture et me précipite à sa rencontre. Je m'assois à ses côtés, le visage sombre, incliné vers le bas, il ne me regarde pas









« - Bill, tout ça est faux, ce n'était rien, ne pense pas à ça.
- Ce n'était rien Tom ? Rebecca devant moi entrain d'embrasser Jo sans aucune gêne, tu trouves que ce n'est rien ?
- C'est lui qui l'a embrassé, avec tout l'alcool qu'elle avait bu avant elle n'a même pas eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. L'alcool nous fait faire n'importe quoi Bill. Pour boire ainsi, il lui fallait une raison.
- D'après toi, qu'elle est cette raison ?
- C'est évident, elle était malheureuse de se trouver face à toi, de constater qu'elle n'a pas pu t'oublier. Ce soir elle est tombée face à la réalité. Elle t'aime toujours, et ça, elle à du mal à l'accepter.
- Tu te trompes Tom. Elle n'en a rien à foutre de moi, rien du tout. Ce qu'elle a du mal à accepter en revanche, c'est surement d'être devenue ce qu'elle est. Ca je le comprends tout à fait. Elle est si intouchable et orgueilleuse, fière d'être passée outre ses sentiments, fière de m'avoir laissé derrière elle comme une merde. La voilà la réalité Tom.
- Non, je t'assure que ce n'est pas ça. Rebecca n'a pas changé, je l'ai bien vue quand je suis allé la voire. Toi ce que tu as vu, c'est ce qu'elle voulait te montrer, tu as vu une image, tu as vu ce qu'elle veut nous faire croire. Rebecca n'est pas devenue comme ça. Rebecca est amoureuse de Toi !
- Je n'y crois pas, je n'y crois plus, je ne veux plus y croire. C'est peut être mieux comme ça. Rentrons»












Il se lève et se dirige vers la voiture, je le suis silencieux, ne sachant plus quoi lui dire. Au fond il a peut être raison, c'est surement mieux ainsi. Ca l'aidera peut être à tourner la page.Je conduis tout en guettant ses réactions, il regarde par la fenêtre, le visage avide de gaité, il semble perdu, mal, terriblement mal. Je me demande pourquoi cet amour si fusionnel les a tant déchiré. Ils s'aiment inconsidérablement, pourtant, ils souffrent chacun de leurs côtés. Rebecca doit maintenant admettre la réalité, elle ne peut pas tourner la page, elle doit juste assumer ses sentiments. Il est temps d'en finir. Cette mascarade à déjà duré beaucoup trop longtemps. Il est temps qu'elle se rende compte, qu'on ne peut pas empêcher un c½ur d'aimer.
Une fois devant notre immeuble Bill descend de la voiture et se dirige vers l'appartement rapidement, sans aucunes paroles, aucuns regards. Lorsque j'arrive dans le salon, il est déjà partit dans sa chambre. J'aimerai aller le voir et trouver les bons mots, pourtant je m'en sens incapable. Je ne sais pas quoi lui dire face à cette soirée, face aux révélations qui n'en sont pas vraiment. Face à tous ces masques, à toutes ses apparences plus que trompeuses. J'ai toujours cru en cette réalité, je pensais qu'elle l'avait oublié, j'ai essayé de faire comprendre ça à Bill durant trois mois, et maintenant qu'il y croit, je me rends compte que ce n'est pas ça, la réalité. Je me demande pourquoi tout va de travers, pourquoi l'un et l'autre ne se comprennent pas vraiment, pourquoi ont-ils des avis si similaires et différents à la fois. Au fond, ils se ressemblent tellement. Pourquoi ne pourraient-ils pas se parler face à face, faire tomber les masques, s'avouer la vérité de leur sentiments ? Tous deux sont morts de trouille face à la réaction que l'autre pourrait avoir. Un mélodrame d'enfant.
Les heures défilent lentement et je ne dors toujours pas. Allongé sur mon lit j'entends Bill fredonner quelques paroles, j'écoute attentivement, comprenant en un instant de qui cette chanson parle. Ces quelques phrases fusent dans mon esprit, elles me tiraillent jusqu'au plus profond de mon être me faisant comprendre que je dois faire quelque chose pour les aider. Oui, mais quoi ? Toute la nuit mon esprit se torture a chercher une solution, mais il ne trouve rien. Il cherche, encore Et encore.







« Je mourrai pour toi
Sentant le sang couler dans mes veines
Je mourrai pour toi »









Ces quelques paroles sont si réalistes qu'elles me frappent en plein c½ur. Tu as déjà failli mourir pour elle, Bill. Ca, je ne pourrai jamais l'admettre. Tu as été lâche d'avoir tenté de faire ça. Tu m'avais toujours fais promettre de ne jamais faire quelque chose de la sorte, et toi, tu oses le faire. Je ne te le pardonnerai jamais Bill. J'ai eu si peur pour toi.
Rebecca a des blessures au c½ur, des blessures qui sont là depuis son enfance, des blessures que personne ne peut réparer, elle garde beaucoup de choses pour elle et contient toutes ses douleurs, jusqu'au jour ou elle craquera et tout s'effondrera. Le jour où elle avait avoué ses sentiments à Bill était peut être le seul jour de toute sa vie ou elle avait dévoilé ses sentiments, ce qu'elle ressentait, ce qu'elle voulait. Rebecca avait réussit à briser la carapace qui l'entourait, grâce à nous, et surtout grâce à Bill. Elle a souffert de cette histoire, elle a connu l'envers du sentiment amoureux, rien que pour ça je suis persuadé qu'elle regrette. Elle aurait surement aimé rester la même qu'il y a un an. Mais maintenant elle ne peut plus revenir en arrière, sa carapace est définitivement brisée et elle doit apprendre ce qu'est la vie sentimentale. L'affronter, y faire face et surtout apprendre à faire les bons choix pour s'éviter la souffrance perpétuelle. Rebecca a encore beaucoup à apprendre à ce sujet, elle fait ses premiers pas dans la vie sentimentale, dans la vie qu'elle redoutait le plus au monde. Elle a besoin de quelqu'un pour l'aider dans cette épreuve. Je pense à elle plusieurs heures, cherchant au fond de moi ce que je pourrai faire pour pouvoir l'aider. Rebecca a fait tant de choses pour moi, j'aimerai pourvoir l'aider à mon tour. Je croyais l'avoir perdu à jamais, qu'elle ne remettrait jamais les pieds ici, aujourd'hui je crois qu'une dernière chance s'offre à nous. Je ne veux pas louper cette chance.

Il est maintenant sept heure du matin et je ne dors toujours pas, Mon esprit me tiraille à chercher le pourquoi du comment de ce que je pourrai bien faire. J'entends toujours Bill fredonner dans sa chambre, même l'insomnie nous est commune. J'écoute ce qu'il dit, toujours les mêmes choses, toujours ses paroles reflétant le noir emprisonné dans son c½ur, les larmes enfouis en lui, cette douleur présente au c½ur. Je ne sais pas quoi faire. J'ai beau y réfléchir toute la nuit, j'ai beau chercher au plus profond de moi, je ne sais pas comment les aider. Au fond de moi je sais qu'il y a encore une chance, pourtant tout me parait si impossible. J'ai beau retourner le problème dans tous les sens, rien. Ces deux là m'en auront vraiment fait voir de toutes les couleurs. Constatant que dormir n'est visiblement pas possible aujourd'hui, je me lève lentement pour aller déjeuner à la cuisine. En sortant, je tombe face à face avec Bill. Un sourire éblouissant trône sur son visage, il me regarde gentiment et me lance un « bonjour ! » d'un ton jovial. Je ne comprends pas tout là ! Il y a quelques heures il était en larme et là il se comporte comme si il était le plus heureux du monde. Il se dirige lui aussi vers la cuisine, je le suis et même à sa façon de marcher de remarque qu'il se passe quelque chose d'étrange. Il sautille presque, comme s'il était la joie de vivre incarnée. Pincez-moi. Je l'observe se servir son verre de lait habituel, son sourire ne le quitte plus, sa démarche non plus d'ailleurs. Il part sur le balcon et lance d'un ton plus que joyeux « Ahhh ! Qu'es ce qu'il fait beau aujourd'hui ! » J'arque un sourcil, admirant la situation avec étonnement. Il se passe quoi ce matin ? Il met en route la chaîne de clip et effectue quelques pas de danse devant la télé. Je m'étouffe avec mon jus d'orange et le regarde Ahuri. Où est la caméra cachée ?









« - Bill ?! Tu... Tu te sens bien là ?
- Super !
- Dis moi, qu'es ce qu'il t'arrive au juste ?
- Rien du tout ! Je suis super heureux !
- Bill ! Tu n'a rien fumé au moins ?
- Qu'es ce que tu vas chercher Tom ! J'ai juste décidé de prendre goût à la vie ? Normal non ?
- Non justement ça n'a rien de normal. Bill, qu'es ce que tu as pris ?
- Mais rien ! Lâche-moi un peu ! J'ai dis à Déborah, Andréas, Georg et gus de venir passer l'aprèm à la maison ! Ca ne te dérange pas au moins ?
- Euh, Non. Mais tu es sur que ça va Bill ?
- Ouai ! Je n'ai jamais été aussi bien de ma vie !
- Tu déconnes là ?
- Absolument pas !
- Mais tu pètes une durite mon pauvre ! »











Quelqu'un frappant à la porte mit un terme à notre conversation. Je fais signe à Bill de rester sur le canapé et je me dirige vers la porte d'entrée. En ouvrant je découvre Toute la bande réunie, bouteille en main, sourire aux lèvres. Je les regarde tous un par un d'un air ahuri. Il faut m'expliquer là parce que je ne comprends vraiment plus rien.








« Euh... On fête quoi là ?
- Et bien, la renaissance de Bill, patate !
- Mais vous rigolez là ?
- Pourquoi on rigolerait ?
- Mais vous ne trouvez pas ça bizarre que tout d'un coup Bill devienne le Mr.Happy de Berlin ?
- Il veut tourner la page c'est tout ! Il faut l'encourager.
- Mais c'est du n'importe quoi, n'allez pas l'encourager dans son délire ! Mais vous pétez tous un câble putain !
- Mais tais toi un peu Tom. S'il est heureux comme ça, laisse le.
- C'est une blague là ?
- Aller, pousse-toi et laisse-nous entrer. »











Apparences, masques, illusions, sentiments cachés, refoulés, mis de côtés. Mais que se passe-t-il ce matin ? Ils sont tous tombés sur la tête ou quoi ? Je les rejoins au salon, ils sont tous assis sur les canapés, à rigoler comme des mongoles aux imbécilités de Bill. Debout sur la table basse il danse comme un gogo dancer. Je le regarde scotché. Mais qu'es ce qui lui arrive à celui la ! Je m'approche de lui, l'empoigne par le bras et le fais descendre de la table. Je plonge mon regard dans le siens, cherchant alors la signification de ce comportement. Je remarque que ses yeux sont rouges. Je comprends alors qu'il n'est pas dans son état normal.









« - Bill tu déconnes là ! Qu'es ce que tu as pris ?
- Mais rien ! Fais pas chier putain.
-Fais pas chier ? Non mais je rêve là ! Regarde-toi Merde ! Tu as vu dans quel état tu es !
- Je suis très bien alors laisse moi tranquille !
- Très bien ? Et tu as fumé combien de joins pour être très bien dis moi ? Un ? Deux ? Trois ? Plus ?
- Mais tais-toi Tom !
- Tom laisse le tranquille à la fin ! Tu ne vois pas qu'il est bien là ?
- Mais vous êtes tous tombés sur la tête ma parole ! Vous savez quoi ?! Je vous laisse vous déchirez la gueule tranquillement ! Je me casse ! »













J'enfile ma veste et claque la porte derrière moi. Je marche lentement dans les rues de Berlin, la tête basse, perdu dans d'innombrables pensées. Je marche jusqu'à m'écrouler de fatigue sur un des nombreux bancs présent dans ce boulevard. Je regarde la pluie tomber, repensant à la soirée d'hier soir, à cette nuit passée à réfléchir, au comportement de Bill ce matin. Toutes mes pensées s'entremêlent et me donnent mal à la tête. Je réfléchis encore et encore, je cherche une solution, celle qui pourrait rendre ces deux personnes que j'aime tant, enfin heureux. Je cherche au plus profond de moi-même, sans résultat. J'ai encore l'espoir de pourvoir réparer tout le mal qu'ils se sont fait depuis un an, mais je ne trouve pas la clef. Je reste toute la journée sur ce banc humide, à faire le tri de mes pensées, à me tirailler les neurones avec cette histoire, à chercher encore et encore une solution. Quand enfin je me décidai à laisser mes pensées de côtés pour rentrer chez moi, je me levai d'un geste brusque, espérant juste qu'une force supérieur m'aide à trouver une solution, que le destin soit de mon côté et m'aide ne serait ce que un peu dans cette tragédie puéril.







Rebecca.








Allongée sur le lit, je fixe le plafond sinistre de cet hôtel depuis hier soir, perdue dans mes pensées. Au fil des heures l'alcool présent dans mon sang c'est dissipé, et je prenais de plus en plus conscience de tout ce qui c'était passé hier soir. Mon comportement était idiot, boire comme ça n'était pas une solution, au contraire. J'ai agis comme une enfant, comme un être stupide qui ne sait pas prendre conscience de ses actes au bon moment. Je me rends compte à quel point je suis tombée bien bas. Au fond, revenir ici n'était pas une bonne idée. Je ne sais pas ce qu'il m'a prit. Toute la nuit je n'ai fais que penser à ce que m'a dit Tom hier. Cette réalité si dure à affronter. Cette réalité qui fait si mal. Bill a voulu mourir à cause de moi, ça, je ne pourrai jamais me le pardonner. Je suis partie comme une conne sans penser aux conséquences que cela pouvait avoir. Je suis partie en ne pensant qu'a moi. J'ai honte d'avoir fais ça. Pourtant, je ne vois pas ce que j'aurai pu faire d'autre. Je ne pouvais pas rester ici à attendre que les jours passent et se ressemblent tous, à rester dans cette indifférence qui nous faisait souffrir un petit peu plus chaque jour. Il fallait faire quelque chose, je n'ai peut être pas prit la meilleure décision, mais au moins j'ai tenté de faire changer les choses. Au final, ces trois mois ont été un véritable cauchemar, autant pour lui que pour moi je crois. Il faut arrêter d'agir comme des enfants, nous sommes des adultes responsables et tout ça à assez durer. Je veux qu'il m'explique de vive voix pourquoi il a tenté de faire une telle chose. Je veux lui dire en face ce que j'ai ressentis durant ces trois mois. Je veux lui dire que oui, Il avait raison. Finit de jouer, à présent il est temps de prendre nos responsabilités. Ce sera dur, pour lui comme pour moi, très dur même. Mais il le faut. Ca ne peut pas continuer ainsi, nous ne pouvons plus laisser cette histoire trainer et nous faire souffrir plus longtemps. Dans un élan de courage je me lève et enfile ma veste, bien décidée à rompre cette glace et a mettre fin à toute cette histoire. Sur le chemin je réfléchis à tout ce que je vais bien pourvoir lui dire, je prends conscience d'où je vais, de ce que je m'apprête à faire. Alors, la peur m'envahit, je repense aux paroles de Quentin, à ma promesse de faire attention à ne pas chuter, encore. Je pense à lui me disant que je n'ai pas le droit de le trahir. Il faut que je sois forte, aujourd'hui plus que jamais. Je me gare alors devant cet immeuble que je connais tant. Une fois sortie de la voiture, je reste quelques instants devant, cherchant en moi le courage qui m'aidera à franchir ce hall, à passé devant mon ancien appartement pour au final me retrouver devant leur porte. Je réfléchis encore à ce que je vais bien pouvoir lui dire, j'imagine sa réaction, la mienne. J'ai peur, peur de faire une fois de plus une belle connerie que je vais regretter par la suite, peur d'empirer les choses, peur de chuter, encore et encore, à n'en plus finir. Je relève la tête, fixe la porte d'entrée et entre à l'intérieur. En passant je ne peux m'empêcher de regarder ce qui était ma boîte aux lettres, je constate qu'il n'y a pas de nouveau locataire. Au fond ca me fait du bien de penser qu'il y a toujours une part de moi ici, et que personne ne soit passé derrière moi pour effacer tout ce qu'il restait de moi. Je vois maintenant ton nom écrit sur une autre boîte aux lettres. Alors, Ton prénom résonne dans l'oublie. Nos souvenirs me hantent. Nos souvenirs me tuent. Ce n'est qu'une larme, juste un reste du passé,
dont j'essaye de m'éloigner mais qui ne cesse de me hanter. Ce n'est qu'une larme, qui entaille mes pensées. J'aimerais tellement trouver les mots pour d'écrire ces sentiments, ces idées, qui me traversent l'esprit.Une sensation qu'on n'est seul à connaître, une sale sensation qui t'envahit, pour ne plus te lâcher. Je commence à monter les marches, lentement, presque à reculons. La peur me prend aux tripes, elle forme un n½ud au milieu de mon ventre. J'essaye de contenir les larmes qui montent en moi lorsque je passe devant la porte de ce qui était mon appartement. Je monte rapidement, essayant de garder mon calme, essayant de garder mon courage. C'est tellement dur pour moi de revenir ici. Les souvenirs entrent en moi comme si je leur laissais libre accès, pourtant ce n'est pas le cas, je ne veux pas me rappeler de tout ça. Je veux juste être forte.
Je suis maintenant devant votre porte. A cet instant je m'écroulerai presque de peur. Je ne sais pas où je vais trouver le courage de sonner. Je ne sais plus quoi dire, je ne sais plus ce que je vais bien pouvoir te raconter Bill. Pourquoi suis-je ici ? Pour tenter de mettre fin à tous nos problèmes Oui, mais par où m'y prendre ? Par quoi commencer ?
J'ai peur d'entendre ta voix, j'ai peur de ne pas être assez forte pour ça, affronter ta voix, tes yeux, ton visage, ta présence. Je ne sais pas comment je vais réagir une fois face à toi, au fond c'est ce qui me terrifie le plus. Je reste ainsi devant votre porte, la tête basse, ne trouvant pas le courage de sonner. Je ferme les yeux pour tenter de reprendre le dessus et de contrôler mes émotions. Une main se pose sur mon épaule ce qui me fit sursauter, je me retourne et découvre Tom. Il a un visage fatigué, il me regarde étonné. Ne me regarde pas comme ça Tom, s'il te plaît. Mais qu'es ce que je fais là Putain !









« - Qu'es ce que tu fais ici Rebecca ?
- Je... J'étais venu pour parler à Bill.
- Ca fait combien de temps que tu es devant la porte au juste ?
- Un bon moment...
- Rebecca...
- Je sais Tom, je sais. Mais je n'ai pas le courage de frapper à cette porte ! J'essaye ! Tu vois bien que j'essaye !
- Rebecca, je ne frapperai pas à ta place, mais je resterai planter devant toi jusqu'à tant que tu le face. Sois forte Rebecca, cherche en toi le courage et la force d'y arriver.
- J'essaye Tom ... »












Bill







Un verre, puis deux, puis trois, un quatrième, même un cinquième, puis un sixième pour finir. Je rigole, beaucoup, je rattrape toutes ces journées où je ne riais plus. Georg et gustav sont en face de moi, Déborah à mes côtés. Eux aussi ils rigolent. Je ne saurai pas vous dire de quoi nous sommes entrain de parler, je sais juste que c'est n'importe quoi. Je regarde georg tomber au sol. Tout le monde rit. Ca me fait du bien. Je regarde Deborah, elle me sourit. Elle est peut être plus Belle que ce que je pensais finalement. On dit généralement que l'alcool arrange ces choses là. Surement. Peu importe, à cet instant elle me plait. Je la regarde comme jamais je ne l'ai regardé, et pas une seconde je me remets en question. Je suis bien comme ça, tellement bien. Osmose. Nous rions encore, nous buvons encore, nous chantons, parfois nous dansons. Ca faisait si longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi bien. Je me demande alors où est Tom. Peu importe. Il ne voulait pas s'amuser, Dommage pour lui. J'essaye de ne pas penser à Rebecca, car au fond, ça gâcherait l'instant présent. Je ne veux plus être malheureux. A cet instant je suis sur mon nuage. Je ne réfléchis plus trop à ce que je fais. Je n'ai plus les pieds sur terre. Je garde toute fois conscience de ce que je fais. Enfin je crois. Nous mettons de la musique et tout le monde se lève pour danser. Déborah se colle sensuellement à moi et me regarde avec envie. Je lis en elle. Elle rapproche son visage du mien, dangereusement. Elle me regarde fixement, je lui adresse un petit sourire en coin. Elle se rapproche encore, puis elle colle ses lèvres aux miennes. Je ne réalise pas vraiment ce qu'il se passe. Tout d'un coup la musique s'arrête, je me décolle de Déborah pour voir ce qu'il se passe. Je me retourne et vois Tom, la télécommande en main. Mon corps entier se figea lorsque je me rendis compte que Rebecca était là, à côté de Tom, une main devant sa bouche. Elle me regarde ahuri, moi je ne sais plus quoi faire. Tout se mélange dans ma tête, je redescends alors de mon petit nuage et me rends compte de ce que je viens de faire, de ce qu'il vient de se passer. Elle me transperce de son regard bleuté, elle recule d'un pas, un deuxième. Mon Corp. entier tremble, mon c½ur résonne dans mes tympans, ma respiration devient saccader. Je m'affole. Elle nous tourne le dos et se met à courir dans les escaliers. Sans réfléchir je cours derrière elle, hurlant son prénom au travers des couloirs, elle ne s'arrête pas, je l'entends pleurer. Je cours de plus en plus vite. Elle est déjà sortie de l'immeuble, je sors à mon tour. Elle court dans les rues, je la suis. Sportive comme elle est, elle court vite, très vite même. Je réunis toute mes forces pour tenter de la rattraper, je me rapproche, de plus en plus. Je ne suis plus qu'a quelques centimètres derrière elle. Je cours encore plus vite, j'attrape son bras pour l'arrêter de force.















« - Lache moi Bill! Mais putain lache moi!
- Rebecca attends ! Ce n'est pas ce que tu crois, écoutes moi.
- Lache moi! Laisse-moi partir !
- Non écoutes moi avant. J'ai beaucoup trop bu, je n'ai même pas eu le temps de réaliser qu'elle m'embrassait. Ecoutes, ça n'aurait jamais du arriver.
- Tu fais ce que tu veux Bill, c'est ta vie pas la mienne. Lâche-moi maintenant, je n'aurai jamais du venir ici.
- Rebecca arrêtes, dis moi pourquoi tu es venu ici ?
- Laisse tomber Bill, ça n'en vaut plus la peine. Maintenant lâche moi, je veux partir.
- Je ne te laisserai pas partir, Une fois mais pas deux. Tu es venu ici, et je sais que ce n'est pas pour rien. Maintenant dis moi pourquoi.
- Va retrouver Deborah et lâche moi.
- Je m'en fou de Déborah ! Et tu le sais. Rebecca, dis moi pourquoi tu es venu, s'il te plaît.
- J'étais venu Pour te parler, mais après ce que je viens de voir je n'ai plus rien à te dire Bill.
- Rebecca... Tu es venu pour me dire quoi ?
- Oublis.
- Rebecca... Je n'abandonnerai pas, pas cette fois. Je répéterai la question autant de fois qu'il le faudra. Tu es venu pour me dire quoi ?
- Que je suis folle de toi! C'est bon tu es content ? Maintenant lâche moi, je crois que quelqu'un t'attends là-bas.
- Rebecca je suis désolé... Je n'aurai jamais du faire ça, je n'aime pas Déborah, c'est toi que j'aime...
- Je ne peux pas te reprocher ce que j'ai moi-même fais hier soir Bill. Mais je pensais que tu étais moins con que moi. Mais ce qui fait le plus mal à cet instant, c'est que J'y ai cru Bill, L'espace d'un instant, j'y ai cru, j'ai espéré que tu n'étais pas comme tous les autres, comme tous ces autres. Mais il semblerait que si, justement. Tu n'es qu'un parmi tant d'autre.
- Non Rebecca, ne dis pas ça. Je ne suis pas comme ça. Ca a été une route longue et difficile sans toi à mes côtés, il n'y a pas une seule minute où je n'ai pas pensé à toi. Parfois la douleur nous fait faire des erreurs. Après la soirée d'hier j'étais mal, et aujourd'hui j'ai bu, j'ai fais une énorme connerie et à cet instant je me dis que toutes les forces supérieurs sont contre moi. Il fallait que tu arrives à ce moment là... Je suis désolée Rebecca.
- Ecoutes, oublis ce que je viens de te dire, oublis cette visite. J'ai été conne de croire que finalement, même après tout ce qu'on a vécu ça pourrai marcher. J'étais venu te dire que tu avais raison Bill. Je n'ai pas pu t'oublier comme ça, et oui je regrette d'être partie. Je ne t'en veux pas Bill. Je comprends que tu es eu besoin de tourner la page. Je comprends que tu es eu besoin de m'oublié. Je comprends tout ça. Je ne te ferai plus de mal, laisse-moi partir.
- Il n'est jamais trop tard pour devenir ce que nous aurions pu être. Rebecca écoutes moi, je ne t'ai pas oublié. J'ai déprimé, j'ai souffert, je n'ai fais que penser à toi. Rebecca je t'en prie crois-moi.
- Après ce que je viens de voir c'est difficile à croire, Bill. Je vais partir maintenant, et toi, tu ne vas pas me rattraper, tu vas rentrer chez toi et tu vas retrouver Déborah. C'est surement mieux comme ça.
- Mais Rebecca ! Ce n'est pas ce que je veux ! Ta fierté à bâti un mur si solide que je ne peux pas passer au travers. Ouvre les yeux Rebecca, mets-toi face à la réalité ! Je t'aime ! Le temps nous fait comprendre, que c'est ensemble que l'on avance. Pas l'inverse.
- Bill, nous avons échoué, chacun de notre coter, ensemble. Oui nous avons échoué, car tout ça est un échec. Notre relation est un échec, mon départ est un échec, ce retour aussi en est un. Ma vie entière est un échec. Alors tu vois Bill, un de plus ou de moins ne changera plus grand-chose à la donne. Je ne sais pas pourquoi je suis revenue ici, parfois le c½ur à ses raisons, que la raison ne comprend pas. Au revoir Bill.
- Regarde en toi Rebecca, Même pas l'ombre d'une larme.
- La passé appartient au passé finalement, il ne doit pas jeter son ombre douloureuse sur le présent, alors à quoi bon pleurer?
- Rebecca, tu es revenue pour moi ?
- Mais bien sur que je suis revenue pour toi, Quesque tu crois ! que j'en avais vraiment quelque chose à foutre de ce que peuvent penser les allemands sur ce que j'ai fais ou non ? Tu crois vraiment que je suis revenue pour danser et leur faire plaisir ? Mais réfléchis un peu. Je m'en veux d'avoir été aussi conne.
-Rebecca, sans toi, plus jamais je ne me retrouverai, car je me suis égaré en toi.
- Tu t'es surtout égarés dans les bras de Deborah Bill.
- Et toi dans ceux de Jo.
- On fait tous des erreurs, le tout est de les assumer. J'assume ce que j'ai fais. Maintenant c'est à toi d'assumer. Va la rejoindre Bill, ne fais pas d'erreur avec elle surtout. Je m'en vais à présent. »














Elle me tourne le dos et commence à partir, je la regarde anéanti, ne sachant plus quoi dire. J'aurai aimé tenir ta main un peu plus longtemps, J'aurai aimé que mon chagrin ne dure qu'un instant. Tu baisse la tête et marche lentement, frôlant presque le mur.






« Rebecca ne t'en vas pas... Je t'aime, si tu savais comme je t'aime »







Mais tu ne te retournes pas et tourne au coin de la rue. Désormais je ne te vois plus, les mots de notre discussion résonnent en moi. Tu es revenu pour moi, tu étais venu jusqu'ici pour me dire que je ne m'étais pas tromper, que tu regrettais de m'avoir laissé comme ça. Faire ce pas à du être dur pour toi. Mais putain pourquoi ! Pourquoi ais-je laissé Deborah m'embrasser, pourquoi je n'ai rien dis ? J'ai honte de moi. Une fois de plus j'ai tout gâché. Je me remets à marcher jusqu'à chez moi, le c½ur lourd, tellement lourd. Toutes ses phrases résonnent en moi. Le son de sa voix prend possession de moi, cela fait si longtemps que je ne l'avais pas entendu. Je monte les escaliers la tête basse, réalisant que je ne suis qu'un pauvre mec, un crétin qui ne sert à rien, qui ne fait décidément rien de bien. J'entre dans l'appartement, tout le monde me regarde, personne ne parle. Deborah me regarde gênée, personne ne sait quoi dire. Cependant Tom s'approche, il s'arrête seulement à quelques centimètres de moi. Ses yeux me lancent des éclairs, à cet instant j'appréhende ce qu'il va dire. Mais il ne dit rien, il reste comme ça, à me regarder si méchamment. Dans un élan de fureur il me pousse violement contre le mur qui se trouvait derrière moi.








« Pauvre con ! Tu n'es qu'un abrutit ! Tu te rends compte de ce que tu as fais ! Elle était venue pour toi, tu te rends compte Bill ? Ce qu'elle a fait est énorme ! Elle a tout mit de côté, ses principes, ses valeurs, ce qu'elle soutenait depuis des mois ! Elle a fait tout ça pour toi ! Et toi tu t'envois en l'air avec Déborah ! Et en plus, con comme tu es tu n'as pas réussi à la retenir ! Encore une fois ! Bravo Bill, Bravo. Tu peux être fier de toi. »










Il me tourne le dos pour sortir de l'appartement. Je ne réponds pas, je n'ai rien à répondre. Ses paroles m'ont anéanti. Je me demande comment mon jumeau, mon propre frère peut me traiter ainsi. Pourtant, je sais qu'il a raison. L'alcool nous fait parfois faire des choses totalement stupides. A bout de force, je m'écroule en sanglot contre le mur. Les larmes coulent comme jamais elles n'ont coulés. Vous me regardez tous, ne sachant quoi faire, ne sachant quoi me dire. Il n'y a plus rien à dire, Tom a déjà dit tout ce qu'il y avait à dire. Son visage entre une nouvelle fois dans mes pensées. Il me hante, il me tiraille, il me fait mal, il me tu. Tom a raison, je ne suis qu'un pauvre con. Et bien plus encore.







Deborah.








Je le regarde écroulé au sol, et je ne peux m'empêcher d'avoir un petit brin de plaisir. J'ai eu cette chance de l'embrasser au moment où elle est entrée, sans le savoir j'ai empêché Bill & Rebecca de se retrouver. Je jubile. J'aime Bill, je ne veux pas qu'il retourne avec elle, je ferai tout pour l'en empêcher. Oh, mon pauvre Bill, tu es si abattu. C'est de ta faute mon petit, tu as voulu jouer, on a joué. C'est désolant de te voir comme ça, par terre comme une merde. Tu ne ressembles à rien, tu es pitoyable. Pourtant je t'aime. Mais franchement te mettre dans un tel état pour cette fille, c'est n'importe quoi. La colère m'envahit, pourquoi est-elle revenue elle, il est hors de question que je la laisse revenir comme ça et se mettre avec Bill comme si de rien n'était, comme si elle ne l'avait pas abandonné comme une pauvre Merde. Elle n'a pas le droit de l'avoir si facilement, en claquant des doigts. C'est injuste, moi ça fait plus de un an que je l'aime ! Plus de un an que j'attends patiemment qu'il se rapproche de moi, qu'il me laisse une petite chance de le rendre heureux. Et quand enfin il se passe quelque chose elle débarque. Je ferai tout, tu m'entends Rebecca ! Je ferai tout pour que vous ne soyez jamais ensemble, jamais.







Rebecca.







Je marche lentement dans les rue de Berlin, frôlant les murs, percutant parfois des passants. Je suis ailleurs. Je constate une nouvelle fois jusqu'à quel point je peux être conne. J'ai été naïve au point de croire qu'il m'aimait toujours et que nous pouvions peut être rattraper le temps perdu. Je ne lui en veux pas, je m'en veux plutôt à moi-même d'avoir été aussi stupide. Pour Déborah, j'aurai du m'en douter. Elle disait ne plus avoir de sentiments pour lui, mais elle mentait. Au fond de moi je le savais, mais il n'y avait jamais rien eu qui aurait pu me faire penser qu'elle était toujours amoureuse de lui. Peu importe.
Je sors de ma poche la photo de nous deux, celle que Tom m'avait donné en même temps que le Cd lorsque j'étais partie. C'est vrai que nous étions beaux, avant. Le passé, le présent, le futur, sont si différents les uns des autres, je réalise alors qu'ils n'ont parfois aucun liens. J'aime L'Allemagne, j'aime Berlin. Pourtant, je ne peux pas rester ici. Le destin aurait-il envi que je m'installe ici pour de bon ? Il était prévu qu'après l'année passée je me pose, que j'arrête de voyager à droite et à gauche. Pourtant, je ne sais pas vraiment ce que j'ai envie de faire. Un triste quotidien ne me satisferait pas du tout. Au moins, le voyage, les rencontres, tous ça m'aiderai à vider mes esprits .Au fond, je ne sais pas trop ce que je vais faire, ni même ce que j'ai envie de faire. J'y réfléchis.
Je pénètre dans l'hôtel, toujours perdue dans le flou de mes pensées. Je regagne ma chambre d'un pas pressé. Je m'assois au coin du lit, j'enfouis mon visage entre mes mains, je pleure. Au fond, les larmes ne manqueront jamais pour pleurer notre passé, mon présent, ainsi que ce futur qui me fait si peur. Je ne sais plus qui je suis ni ce que je veux vraiment. Je ne sais plus quoi faire, quoi penser. Je ne sais plus rien. Toute ma vie s'écroule dans un néant accablant. Je regarde par la fenêtre et je ne peux m'empêcher de penser à Lui. Je n'aurai pas du y croire. Il y a tant de chose que je n'aurai pas du penser, ou pas du faire. Il y a tant de chose que je regrette.
Quelqu'un frappe à ma porte, alors, mon c½ur s'emporte et résonne en moi. Je tremble presque. Je n'ouvre pas, par peur de retrouver ton visage derrière cette porte. Je ne bouge même pas, essayant de faire croire mon absence.





« Rebecca je sais que tu es là, ouvre moi. »






J'ouvre la porte, te laissant entrer sans aucunes paroles. Tu me fixes, moi je détourne les yeux, regardant une fois de plus l'horizon par la fenêtre. Tu t'approches et me tourne face à toi de tes mains agiles. Tu me prends dans tes bras, m'offrant alors ce contact sécurisant qui m'avait tant manqué. Je retiens quelques larmes, essayant encore et encore d'être forte. Tu te recules et plonges une nouvelle fois tes yeux dans les miens. Cette fois je te regarde, me remémorant au passage tous ces souvenirs en commun.





« Il a fait le con, tu sais. »






Je baisse les yeux, affrontant contre mon gré ces paroles que je ne voulais pas entendre. J'essaye une fois de plus de contrôler mes larmes. Je te tourne le dos, te faisant comprendre que je ne souhaite pas parler de ça. Pourtant, tu sembles être venu exclusivement pour ça, et tu ne renonces pas.





« Pardonne le, Rebecca. »





Je me retourne pour te faire face, tu me regardes tendrement. Je ne dis rien, ne sachant quoi répondre. Tu me fixes cherchant en moi la réponse que tu attends. Je te regarde anéantie, te montrant bien mon incapacité à te répondre. Pourtant ton regard reste le même, braqué sur moi, analysant chacun de mes traits.




« Dis quelque chose, s'il te plaît Rebecca. »






Mes yeux se baissent une nouvelles fois, essayant de fuir ton regard qui me fait tant penser au sien. Je ne sais pas quoi te dire Tom, car au fond, je ne sais plus quoi penser. Pourtant, il y a bien une chose à laquelle je pense à cet instant.







« -Tu n'aurais pas du Tom, tu n'aurais pas du me dire ce que tu m'as dis à cette soirée. Voilà où ça nous mène.
-Je ne regrette pas. Tu sais pourquoi ? Parce que maintenant tu ne fuis plus la réalité.
-Revivre ça ne fait que brûler mes plaies encore ouvertes Tom. Je ne mérite pas de souffrir ainsi. Je ne sais pas quoi faire pour arrêter tout ça. Je n'en peux plus Tom
-Bill à fait le con tout à l'heure, comme toi hier. Vous agissez comme ça parce que vous souffrez. Arrêtez d'agir comme des gamins et assumez vos sentiments.
- Tu ne peux pas me dire ça Tom, j'ai assumé, j'y suis allé, je suis entrée, et j'ai regretté. Voila ce que ça fait d'assumer Tom. Maintenant il n'y a plus rien à assumer, il faut juste constater. Ce que je constate Tom, c'est qu'entre lui et moi c'est impossible, pire que ça même.
-Rien n'est impossible, Rebecca.
-La preuve que si.
-Je te dis que non.
- Maintenant c'est à toi de voir la réalité en face Tom. Maintenant laisse moi, dans deux heures je dois être sur scène, et crois moi, c'est déjà assez dur comme ça, alors n'en rajoute pas.
-Très bien. Mais cette discussion n'est pas terminée Rebecca, crois moi. »





Il me tourne le dos et ouvre la porte brusquement, il marche dans le couloir sans se retourner, sans me regarder. Je referme la porte et reste ainsi immobile au milieu de la chambre. Je ne regrette pas d'être là, je ne regrette pas d'être revenue, je ne regrette pas d'être allée le voir, au fond, je regrette juste d'être moi.




______ 21h30






Une fois dans les coulisses, je retire ce costume qui faisait de moi la personne que je ne suis pas. J'enlève ce maquillage de scène qui me faisait une mine incroyablement belle. Le sourire présent il y a quelques minutes auparavant sur scène, s'estompent rapidement laissant place à mon visage fatigué. Le masque tombe, je redeviens moi-même. Je parcours les couloirs du théâtre cherchant dans ce labyrinthe, une sortie.
Une fois dehors, le vent frais souffle sur mon visage, me faisant doucement frissonner. Je marche rapidement vers le parking, cherchant de loin l'endroit où j'ai garé ma voiture. J'y étais presque arrivée lorsqu'une main s'empare de mon bras, m'obligeant à m'arrêter. Je me retourne pour faire face à cette personne, lorsque mes yeux tombèrent face aux tiens.






« -Quesque tu fais là ?
- Je suis venu m'excuser, Rebecca.
- Et tu veux que ça change quoi ?
- Je ne sais pas. Quesque ça peut changer ?
- Je ne sais pas.
- Regarde moi, s'il te plait arrêtes de baisser les yeux, pas toi.
- Je n'ai pas envie de te regarder, pas toi.
- Alors fais le pour moi, laisse moi te regarder dans les yeux.
- Ecoutes Bill, cette discussion ne sert à rien.
- Rebecca, je regrette de t'avoir laissé partir il y à trois mois, je regrette de ne pas avoir su trouver les bons mots pour te faire rester. Je ne veux pas que tu partes, encore.
- Il y a trois mois je suis partie pour toi, Il y a deux jours je suis revenue pour toi. La seule chose que je peux te dire Bill, c'est que si je prends la décision de repartir, ce sera pour moi.
- Ne fais pas ça, j'ai besoin de toi.
- Bill, On nous a dit d'assumer la réalité, de l'affronté. Maintenant je me rends compte que la réalité n'est pas celle que tout le monde pensait. La réalité Bill, tu la connais tout aussi bien que moi. Nous deux, ce n'est pas possible. Finalement tu avais raison ce soir de novembre, à Paris. Tu te souviens ? Tu m'avais dis ça mot pour mot. La réalité Bill, c'est que tu as toujours eu raison, depuis le début.
- Non Rebecca. C'est toi qui avais raison. Ca pouvait marcher.
- Peut être avant, mais plus maintenant en tous cas. Mettons nous face à la réalité.
- Je te prouverai que ce n'est pas ça la réalité Rebecca. Je te retrouverai, partout où tu iras. Alors ne pars pas.
- Un mois. Je reste ici un mois, pas plus.
- Alors j'ai un mois pour te prouver que tout est possible.
- Tu n'as rien à me prouver Bill. Reste de ton côté et moi du miens. Ne viens plus me voir, ne plonge plus tes yeux dans les miens, ne me regarde plus comme ça, ne me fais plus entendre ces paroles qui me font mal. Je ne veux plus te voir Bill. Au fond, ça ne sert à rien, juste a constaté cette réalité que toi tu ne veux pas affronter.
- Je ne ferai pas ça Rebecca. Il y a trois mois je croyais que tu ne m'aimais plus, que tu m'avais oublié et que tu vivais ta vie sans moi, sans penser à moi, sans regretter quoi que ce soit. C'est pour ça que je ne suis pas venu te chercher. Maintenant que je sais que tout ça est faux Rebecca, je ne te lâcherai pas, je te suivrai partout où tu iras, je te redirai MA réalité autant de fois qu'il le faudra. Je t'aime, et je te le dirais autant de fois qu'il le faudra, aussi.
- Ne fais pas ça. Laisse-moi, s'il te plaît laisse-moi.
- Ne compte pas la dessus. Maintenant ramène moi chez moi s'il te plait. Tu n'as pas le choix il n'y a plus de bus à cette heure là.
- Ah oui ? Et ta voiture elle sert à quoi ?
- A rien. Allez, ouvre les portes il fait froid. »







Je conduis sans te regarder, essayant tant bien que mal de ne pas penser que tu es juste à côté de moi. Je sens d'ici ton regard me transpercer. Ton odeur se baladant dans la voiture me fit presque tourner la tête. Ta présence me déstabilise toujours autant. J'ose un regard vers toi, je constate alors que tu ne cesses pas de me fixer.




« - Arrêtes de me regarder comme ça.
- Toi, arrêtes de parler.
- Tu te fou de ma gueule là ?
- Pas du tout. Tais-toi et conduis. »





Je détourne le regard, exaspérée par ses remarques. J'accélère brusquement, lui faisant comprendre mon envie d'y être rapidement. Je sens une nouvelle fois son regard se poser sur moi. Je roule encore plus vite, nullement effrayée par cette vitesse. Les rues sont vides, j'accélère alors une nouvelle fois, dépassant de loin la vitesse autorisée sur ce grand boulevard.






« - Oh ! Tu joues à quoi là ! Ralentis ! Tu veux nous tuer Ou quoi ?
- Pourquoi pas ? Après tout c'est peut être ça la solution.
- Mais tu deviens folle Rebecca ralentis !
-C'est bon je rigole, calme toi ! Il n'y a personne sur les routes.
- Même ! Tu es tant pressée d'être débarrassée de moi ou quoi ?
- Exactement.
- Ca fait plaisir à entendre.
- Mais de rien. »







Tu tournes la tête et regarde le paysage défilant par la fenêtre. Je ne dis rien et toi non plus, et ce, jusqu'à ce que je me gare en bas de chez toi. Tu descends, me regarde dans les yeux, prêts à refermer la portière, lorsque ta voix murmura quelques paroles, qui une fois de plus, m'emmenèrent plusieurs mois auparavant.




« -Bonne nuit, Ma Rebecca. »




Bill






Je te murmure cette phrase sur un ton plus que provocateur. Je ne sais pas ce qu'il me prend ni même pourquoi je fais ça. Au fond, je cherche son intérêt, je fais tout pour attirer son attention, allant même jusqu'à l'exaspérer. Je ne sais plus quoi faire vis-à-vis de notre relation. Elle semble à nouveau persuadée qu'entre elle et moi c'est impossible. Je veux lui prouver qu'elle se trompe, même si pour ça il faut que je quitte le groupe, que j'abandonne ma ville, mon pays, ma famille, mes amis, tout ce que j'ai. Je le ferai, pour elle, pour moi, pour nous. Je ne peux pas être heureux sans elle, et je ferai tout pour pouvoir être sans cesse à ses côtés. Même si il faut passer par la provocation. Je veux lui montrer que je suis capable de tout pour elle, je veux lui montrer que quoi qu'elle me dise, je ne la lâcherais pas, je n'abandonnerai pas. Je veux lui montrer que quoi qu'il arrive, je serai toujours là. Car à présent, je sais qu'elle m'aime depuis le début. Rien ne me découragera, rien du tout.
Je monte les marches de mon immeuble rapidement, me remémorant chaque seconde de ces instants avec elle. Une fois devant ma porte, je l'ouvre précipitamment et découvre Tom assit sur le canapé les bras croisés. Je m'avance prés de lui, il me dévisage.







« -Dis moi, j'ai rêvé où c'est la voiture de Rebecca qui était garée devant l'immeuble, et qui, par la même occasion, t'a déposé Ici ?
- C'était bien sa voiture, tu ne rêves pas.
- Mais c'était qui dedans ? Enfin je veux dire, qui t'a ramené ?
- Tom, t'es débile ou quoi ? C'est elle qui m'a ramené !
- Attends je ne suis pas débile mais ça me paraissait impossible ! Récapitulons, vous vous embrouillez, elle te voit embrasser Déborah, elle te parle plus, elle est énervée, et elle te ramène... Il y a vraiment un truc qui cloche dans votre cervelle ma parole !
- Disons que je l'ai un peu forcé à me ramener.
- Comment ça forcer ? Depuis quand tu forces les femmes à te ramener chez toi ? Tu es complètement taré mon pauvre !
- Mais non... Pas forcer comme tu le penses. Je lui ai dis qu'il n'y avait pas de bus et qu'elle n'avait pas le choix !
- Et elle y a cru ?
- Non, mais bon, je n'ai pas attendu qu'elle me donne une réponse, je suis monté dans sa voiture.
- Bill, tu es sur d'être mon jumeau ? Je ne crois pas être aussi malade que toi ! Je t'assure tu me fais peur des fois ! »









Je secoue la tête comme signe d'agacement puis je me dirige vers ma chambre. J'entre dans celle-ci puis me jette sur mon lit. Allongé en étoile sur celui-ci, je pense. Un sourire se dessine machinalement sur mes lèvres. Elle est ici... A Berlin, non loin de moi. C'est un signe...
Rebecca est une provocatrice, je vais l'avoir à son propre jeu. Provoquer, moi aussi je peux le faire. Nous verrons bien qui est le plus fort. Je ferai tout pour lui faire comprendre que je suis capable de faire n'importe quoi pour être avec elle. Je jouerai à son jeu, j'entrerai dans son monde, je la laisserai me provoquer tant qu'elle le désire, essayant de rester fort face à tout ce qu'elle pourra me faire. Je ne me découragerai pas face à un homme différent pendu à son bras chaque soir, face à ses lèvres collées à celles d'autres hommes. Ce sera dur, mais je resterai fort, je lui montrerai que quoi qu'elle face je ne croirai pas que ses sentiments pour moi se sont envolés. Je continuerai à lui dire je t'aime, je continuerai à lui dire qu'elle m'aime. Même face à tout ça, peu importe ce qu'elle fera ou dira. Peu importe tout ce qu'il se passera. Car je sais qu'elle m'aime, et cette seconde chance, je ne la laisserai pas passer. J'ai un mois pour lui prouvé que je suis capable de n'importe quoi, que je peux faire face à tout ce qu'elle me présentera, que je serai toujours là à l'attendre, quoi qu'il arrive. Le jour où elle s'avouera vaincue, sera la plus grande réussite de ma vie...





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Relation Bill/Rebecca
Relation Tom/ Rebecca
Relation bill/ Deborah
Relation Quentin/ Rebecca


J'attends vos impressions.


Cinq commentaires pour être prévenue.


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# Online seit Mittwoch, 16. September, 2009 um 16:23

Geändert am Sonntag, 20. September, 2009 um 15:52